BAY DE A à Z

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"E"

 COMME EXPLOSION 

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"E" COMME EXPLOSION

Chez un tel cinéaste, il n’y a que peu de place pour les flash-backs ou les images mentales, tout ce qui empêcherait de saisir l'immédiat. Pourtant, il y a quelques occurrences de figuration de vision mentale chez Michael Bay et celles-ci ont aussi lieu sous forme...d'explosion. L'affect maximum chez le cinéaste est avant tout explosif. Parmi tous les plans d'héros sacrifiés de la saga Transformers, l'un des plus marquants est indéniablement celui qui présente le héros Witwiki sidéré par l'image de ses « amis » disparus dont il ne reste qu'un nuage de fumée  brulant au loin. Le plan est court, sec, n'est même pas appuyé.

Il y a eu avant des images bien plus explicites : dans The Rock, de manière assez simpliste, l'explosion intérieure d’Ed Harris est figurée via un plan abstrait d'explosion insérée dans le montage ouvrant le film. Dans Armageddon, c'est le flash-back rétrospectif du personnage kamikaze qui va d'abord se consumer en devenant de plus en plus surexposé, pour laisser place à l'explosion qui va sauver le monde. On retrouvera cette idée dans l'introduction de The Island qui proposera une image quasi inversée : il ne s'agit pas d'un affect qui surgit, mais d'un lavage de cerveau. Dans la même logique, le feu est remplacé par l'eau, et les images de propagande introduites par la force se substituent aux souvenirs heureux. On passe de l'explosion centrifuge au courant centripète. L'image qui clôture la séquence est d'ailleurs littéralement l'inversion visuelle d'une explosion d'un point de vue figuratif : au lieu des habituelles flammes, ce sont des flots qui viennent envahir l'écran.

La séquence d'explosion de Pain and Gain est témoin de l'évolution du cinéaste. Dans cette dernière, les trois bodybuilders/héros tentent de tuer le personnage de Victor et après de multiples tentatives infructueuses, décident de faire exploser sa voiture avec lui à l'intérieur. On retrouve alors dans un plan l'habituelle configuration, rattachée aux actioners 90's, des « héros » dos à l'explosion, dans une coolitude assumée. Il se révèlera par la suite que l'explosion a été totalement inefficace : au second plan, leur victime a survécu et titube à l'abri de leurs regards. Le moment semble travailler tout autant l'affect des héros que contenir le commentaire sur l'action et l'image publicitaire. L'explosion chez Bay n'est pas juste une facilité : c'est une véritable dynamique « pensée » :

"L'explosion chez Bay n'est pas juste une facilité : c'est une véritable dynamique « pensée »."