BAY DE A à Z

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"I"

 COMME INSTANTS ICONIQUES 

"I" COMME INSTANTS ICONIQUES

Chez Bay, tout est question de rythme et de mouvements : un de ses gimmicks visuels le plus courants consiste à utiliser au milieu de séquences aux montages ultra-rapides, « pile au bon moment »  un soudain ralentissement comme pic émotionnel. C'est par exemple Nicolas Cage tendant les fumigènes dans le final de The Rock comme point d'orgue de l'héroïsme du film. Mais, à chaque fois, on est loin de la pure imagerie ou de l'aspect purement « impactant » et « grave » du ralenti. Ces plans sont souvent situés lors de la quintessence de la séquence, en portant une forte symbolique. Si c'est bien un « effet de style », Bay a la qualité de toujours trouver dans le cadre de la séquence la place ou celui-ci peut complètement se déployer. Que ce soit pour observer quelque chose qui serait aussi-non impossible à voir (dans les poursuites de Transformers 3 et 4 ), en jouant sur la profondeur de plan dans le cadre de ce mouvement, le réalisateur propose dans ses derniers opus des constructions de plus en plus élaborées et complètes lorsqu’il se sert de ce procédé :

Ce plan, c'est avant tout  celui de la pose : celui de la métamorphose en héros dans The Rock par exemple. Ou la façon dont se perçoivent les bodybuilders de Pain & Gain. Michael Bay a toujours été de ces cinéastes qui considèrent que c'est via une pose, une voiture, un filtre qu'on faisait de quelqu'un un héros. Ce goût pour les images iconiques a toujours été primordial dans ses choix de composition. Ce fut même un des reproches faits lors de ses débuts : en iconisant tout, le réalisateur ne ferait que de très longues publicités. Cette dimension a fini par prendre sens dans The Island et Pain & Gain surtout, où c'est explicitement le sujet des films d'envisager le devenir icône de pub des personnages. De l'autre côté la saga Transformers, cette dimension a pris un tournant plus pop, clairement assumé depuis Bad Boys II, qui a pris toute son ampleur dans Transformers Dark of the Moon. Certains plans, telle la poignée de main entre Shia LeBeouf et Malkovich à l'issue de l'entretien semble uniquement motivé à retranscrire une image « symbolique » de la situation. Le personnage de John Turturro ferme les portes de sa vie actuelle luxueuse pour se redéployer en héros, avec l'attirail que cela comporte « selon Bay », et l'on explose la statue de Lincoln de Washington pour s'asseoir sur le trône comme un personnage de comic. Si un film comme Transformers : Revenge of the Fallen tombe souvent dans la pure pantalonnade cartoon, c'est aussi là où l'on trouve un des aspects qui fait la spécificité de son cinéma. Dans Transformers Dark of the Moon ou Pain & Gain, tout le monde semble cartoonisé, coincé entre le cliché et l'image qu'il veut donner :

"(...)Bay a la qualité de toujours trouver dans le cadre de la séquence la place ou celui-ci peut complètement se déployer"