BAY DE A à Z

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 COMME NOUVEL HOLLYWOOD 

"N" COMME NOUVEL HOLLYWOOD

Du début de sa carrière jusqu'à aujourd'hui, le duo Spielberg/Lucas, les grands « vainqueurs »  du Nouvel Hollywood des années 70 a influencé l'ensemble de la carrière de Michael Bay. Les premiers studios de tournage qu'il a régulièrement fréquenté étaient ceux de productions LucasFilm et son premier poste dans le cinéma sur Les aventuriers de l'arche perdue.  Aujourd'hui, le voir travailler de façon privilégiée avec ILM sur les productions Spielberg pour faire les plus gros succès du cinéma mondial semble une sorte de retour des choses. Bay, dans les écoles de cinéma durant les années 80 a toujours défendu le cinéma popcorn de divertissement, et là où certains reprochaient au cinéma de blockbusters d'infantiliser ses spectateurs en le noyant dans une action hystérique. Si le cinéma de Bay tient bien sûr du cinéma des clippeurs des années 80, et Bad Boys des buddy-movies de cette époque, c'est de plus en plus au trio Lucas, Cameron et Spielberg auquel on pense depuis Armageddon. Voire aux « poulains » affiliés à Spielberg, Joe Dante (la saga Transformers y paye de nombreux tributs) et Zemeckis (pour les défis techniques) en tête.

 

Alors que les réalisateurs du Nouvel Hollywood et leurs consorts sont pour la plupart encore en activité, Bay est l'un des seuls réalisateurs ayant débuté dans les 90's à trôner aux côtés de Spielberg, Cameron en terme de box-offices et de budgets depuis 15 ans. La saga Transformers l'a imposé en vendeur de produits dérivés, rejoignant aussi dans cette dimension la génération Lucas. Du cinéma marketé, Bay a aussi hérité des franchises à rallonge, avec déjà 4 suites sur une dizaine de films et une nouvelle en préparation, faisant de lui un vrai « réalisateur  hollywoodien  de son temps ».  Ou peut-être que c'est le temps qui joue en faveur du cinéma de Bay. De la même manière que Spielberg et Lucas ont été accusés de faire du cinéma un produit de consommation rapide pour ados, Bay est devenu une figure du mal absolu dans les yeux de certains, et comme eux en leur temps, il semble avoir  « remporté  la bataille». N'importe quel programme télévisé propose aussi ultra-cut que ses films des années 90. Et au-delà de ses films et de quelques rares exceptions, Hollywood est rempli de franchises faites par des anonymes. Si on ne sait pas vraiment ce qu'il va pouvoir faire de son statut, Bay s'annonce comme un futur roi d'Hollywood de façon pérenne.

"Les critiques s'étonnent souvent de l'admiration qu'ont ces « grands cinéastes » pour le réalisateur de Transformers, mais force est de constater qu'il pousse avec excès la logique de leurs cinémas."

Si Bay est devenu un des rois d'Hollywood, c'est que ceci a finalement toujours été son projet, et depuis Armageddon, il n'a de cesse de reprendre des éléments de découpage, des séquences, des mouvements de caméra ou des éclairages de films des trois grands rois d'Hollywood que sont Cameron, Lucas et Spielberg. Jusqu'à faire dans le maniérisme le plus total, comme pour une bande-annonce ultra spielbergienne pour Transformers ou en reprenant la structure de Titanic pour Pearl Harbor. En faisant ça, Bay s'impose directement comme l'héritier direct, et ces derniers ne cessent de rappeler en interview que Bay est un des leurs. Spielberg vante ses cadrages, Cameron son utilisation des Sfx où de "sa" 3D. Chacun des deux l'a directement conseillé et ils fréquentent régulièrement les tournages des uns et des autres.

Extrait de "What is Bayhem ?" réalisé par Tony Zhou

Les critiques s'étonnent souvent de l'admiration qu'ont ces « grands cinéastes » pour le réalisateur de Transformers, mais force est de constater qu'il pousse avec excès la logique de leurs cinémas : point de vue multiplié, sur-découpage de chacune des actions, narration sans répit, goût pour les trajectoires héroïques Campelliennes et pour le spectaculaire. Si Bay n'est pas le seul à avoir repris ses aspects, ils ont dominé le cinéma Hollywoodien. Depuis, il fait par contre partie de ceux qui ont cherché à aller encore plus loin et plus fort. Son cinéma est une reprise Bigger and louder de ce cinéma : son cinéma est d'ailleurs rempli de séquences reprises explicitement avec un ajout d'action, d'échelle et de dimensions pour impressionner « encore plus ».