BAY DE A à Z

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"P"

 COMME PRESSE 

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"P" COMME PRESSE

2004-The Island

Après les critiques incendiaires de Bad Boys II, The Island arrive à peu près au but escompté, à savoir redorer un peu l'estime de Michael Bay auprès des critiques au travers d'un sujet plus sérieux et d'un casting plus « jeune ». Si l'on reproche beaucoup à Bay de faire de son oeuvre un pur film d'action dans sa seconde partie, c'est aussi un des premiers films où certains commencent à reconnaître chez lui une certaine poésie et/ou conscience de son cinéma.

 

Inrocks

par Jean-Marc Lalanne

"La première heure du film, proche de la série seventies L’Age de cristal, puis la découverte par le couple de clones du monde qui les a conçus, constituent la meilleure part du film et confirment la capacité du cinéma américain spectaculaire à synthétiser avec pertinence les dernières perceptions du corps humain par la société.

"L'impensable vient donc de se produire (...) Michael Bay a tourné un film doué de pensée"

Libération/Renault Gilles à propos de The Island

Il y a même au cœur du film un plan magnifique, où l’un des deux "produits" (comme les nomme leur géniteur), en l’occurrence Scarlett Johansson, découvre son modèle, une jeune mannequin, posant sur une pub Calvin Klein. Tout corps est un produit. Qui est l’image et qui est le double ? Dommage que le film ne prenne pas le temps d’approfondir sa réflexion et préfère dans son dernier tiers enfiler tous les poncifs de l’action-movie (poursuites à rallonge et pyrotechnie de foire), mené sans style par le très peu subtil Michael Bay. Lorsque son programme bétonné lui en laisse le loisir, The Island s’immisce néanmoins dans quelques fissures intéressantes de la psyché contemporaine."

 

Libération

par Renault Gilles

"L'impensable vient donc de se produire : à force de s'amuser à faire partir les millions de dollars en fumée (au sens propre : les explosions, c'est son dada !), Michael Bay a tourné un film doué de pensée, où longtemps l'action s'emploie plus à servir le propos qu'à le phagocyter. Pour aller à l'essentiel, disons que The Island ravive la grande tradition du cinéma de science-fiction des années 70, poussé dans ses retranchements pessimistes, puis efficacement soumis aux impératifs spectaculaires de la doxa hollywoodienne. Anabolisants. Quelque chose comme un mélange de THX 1138 de George Lucas et de Soleil vert de Richard Fleis-cher (dogmatisme établi sur le mensonge, effets pervers du progrès scientifique, individu broyé par le machiavélisme des élites qui réagit dans un sursaut de lucidité), défoncé aux anabolisants. Un thriller (à peine) futuriste, qui flambe avec un yacht de 25 millions de dollars, invente des motos volantes «au profil de requin» ­ clou d'une scène de poursuite si ahurissante qu'elle justifie à elle seule le déplacement ­ et, en sus, prétend poser quelques questions. Comme : « Jusqu'où est-on prêt à aller pour vivre toujours plus longtemps ? ». C'est d'ailleurs là le coeur du propos de The Island, qui montre comment un microcosme de nantis casse sa tirelire pour s'offrir des clones susceptibles à tout instant de lui fournir des pièces détachées. En réserve, gravite ainsi sous cloche (et sous terre) un monde parallèle « où les émotions sont bannies » et où chacun attend de gagner à la loterie pour partir sur l'île. Un aller simple qui cache une réalité autrement sournoise que deux êtres vont découvrir et affronter. Equivoque. A partir de ce récit malin et tordu, qui réfute en partie le manichéisme usuel (la composition équivoque de Sean Bean, chef des Kapos) tout en conjuguant univers réel et virtuel, Michael Bay témoigne d'une insolence inattendue. Dans The Island, situé au siècle actuel, le fossé entre riches et pauvres a continué de se creuser inexorablement ; le souvenir des camps de concentration perdure ; opium cathodique, les images qui anesthésient la population n'ont de cesse qu'elles ne mentent ; et le président des Etats-Unis est traité de crétin absolu. Ce qui, effectivement, faisait peut-être un peu beaucoup pour complaire au box-office."

The New York Times

par A. O. Scott

"Le film est une brillante sucrerie pour l'oeil et l'esprit avec avec des éléments un peu plus rude en son coeur. Ce film impressionnant et mettant à bout de souffle son spectateur est à la fois plus intelligent que vous pourriez vous y attendre et plus bête qu'il n'aurait pu être. C'est un produit somptueux: un triomphe de clonage filmique qui vous convaincrait presque qu'il possède une âme. Pourtant, même ici, Bay entraine ses spectateurs dans une précipitation si peu contrôlée, si excitée de passer à la séquence suivante que les spectateurs auront peu de temps pour absorber toutes les images et encore moins pour penser leurs implications et leurs troublantes résonances. Le cadre et l'intrigue évoquent de nombreux visuels et thèmes d'autres films, parmi lesquels The Matrix, avec sa dystopie paranoïaque et sa salle de natalité dans laquelle on nait à partir de gigantesques gousses, voire The Truman Show avec ses caméras de surveillances et son superviseur mégalomane. Une séquence comprenant une armée d'araignées mécanisées semble provenir directement de Minority Report.

Mais les références semblent bien vite secondaires : ce qui intéresse Bay en fin de compte n'est pas la science ou l'éthique du clonage, mais uniquement comment ces thématiques peuvent offrir une toile de fond pour ses poursuites, explosions et véhicules qu'il attend de libérer.

En terme de spectacle, le sommet est atteint lors d'une folle scène d'action, alors que les premières Actions de Lincoln et Jordan dans le « vrai monde » est de détruire plusieurs véhicules de polices  et faire s'écraser un aéroglisseur dans un building. Mais malgré tous les mouvements de caméras vertigineux, l'action reste largement incohérente et sans tension à cause du montage de Paul Rubell et Chrisitan Wagner. Caspian Tredwell-Owen, Alex Kurtzman et Roberto Orci réservent quant à eux leurs meilleures répliques pour le personnage interprété par Bsucemi (qui retrouve dans un échange savoureux sa partenaire de Ghost World)."

 

2007-Transformers

Transformers est plutôt bien accueilli comme une production Spielberg dans lequel Bay ferait légèrement défaut par moments mais qui reste un film sympathique voire un bon divertissement.

 

Télérama

par Louis Guichard

"(...) dès que les affrontements robotiques prennent le dessus, place à la routine numérique. Et tout cela baigne dans une idolâtrie assez rance de la bagnole. La voiture est exclusivement une affaires de mecs : tous les « Autobots » sont des « mâles ». La voiture permet d’emballer les filles – qui vous ignoreraient sans cela. La voiture est une chose foncièrement bonne : seuls les robots combattant pour le Bien se transforment en auto (les autres en hélico !)."

 

Village Voice

Par Nathan Lee

"Transformers est une vitrine pour les effets spéciaux next generation, mais ses transformations livrent l'idée d'une ingénierie virtuelle étonnante de façon parcellaire. Chaque transformation déclenche un complexe enchainement de shift, clapet, pivots engrenages et de canons de fusils dans un impressionnant, mais incompréhensible flou... Dans l'ensemble Bay est ignorant de ce que Steven Spielberg, producteur ici, a toujours compris quand il filme de l'action :  il faut des bases du cinéma de la vieille école pour pouvoir faire croire à un tel chaos synthétique."

 

Variety

par Jay Weissberg 

"Les scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci, avec John Rogers, ont dû garder les histoires de la franchise "Transformers" intactes tout en la plaçant dans un environnement humain, en se nourrissant de diverses influences :  "King Kong", "War Game" et la série des coccinelles. Le film suit exactement la formule de Steven Spielberg des années 80 (il est à bord en tant que producteur exécutif): Prendre un sympathique jeune homme ordinaire avec une famille de la classe moyenne supérieure et de lui adjoindre une bande d'Aliens. Plus que tout blockbusters antérieures de Bay, y compris "Pearl Harbor" et "Armageddon", "Transformers" ressemble parfois à un recrutement commercial de l'armée américaine. Les soldats, dirigés par le capitaine. Lennox (Josh Duhamel) et le Sgt. Epps (Tyrese Gibson), sont autant des héros que Sam, se battant pour débarrasser le monde non seulement des régimes autoritaires mais aussi des programmes gouvernementaux secrets...« La liberté est le droit de tous les êtres humains vivants», entonne Optimus... LaBeouf est agréablement sympathique, mais il n'est pas vraiment à son meilleur en tournant face à des effets spéciaux - d'ailleurs qui le serait ? Fox est seulement une friandise pour les yeux, tandis que Bay a réuni un casting bien multiracial afin d'élargir l'impact de son film. Turturro est tellement over-the-top qu'il constitue une rémininescence appréciable des origines comic-book du film. Mais toutes les personnes impliquées  ne sont que des accessoires pour l'équipe de CGI de Industrial Light & Magic, qui a mis sur pied un spectacle impressionnant des dernières avancées technologiques..."

2009-Transformers La revanche

Si le film de Michael Bay est hué comme aucun de ses films depuis Bad Boys II pour sa narration chaotique, son outrance et les reproches habituels qui lui sont faits. Montage chaotique, sexisme, racisme... à l'arrivée Transformers 2 fut son plus gros carton avant l'arrivée du 4ème volet. Défendu par certains en France, étonné devant le caractère monstrueux du film, et son irrévérence potache qui semble défier tout sens commun mais qui s'installe comme marque de fabrique. C'est pour les mêmes raisons que les autres détestent.

 

Les Inrockuptibles

par Jacky Goldberg

"(...) c'est avec une consternation mêlée de plaisir coupable qu'on retrouve notre Bay coutumier, attachant bourrin, garagiste se faisant poète lorsqu'il s'agit de filmer, dans le même plan, une paire de jantes et de jambes au ralenti. (...)"

 

Le Monde

par Thomas Sotinel

"C'est moins cher qu'une lobotomie et le résultat est le même : au fil des deux heures et demie que dure la projection de Transformers 2 : la revanche, on sent son QI fondre comme neige au soleil. Et c'est une réaction de défense bien normale. Si l'on maintient son intelligence en éveil, le film est insupportable de bêtise (sans parler de la laideur), si on se laisse abrutir par les explosions et les effets spéciaux, c'est juste un mauvais (et interminable) moment à passer."

Washington Post

par John Anderson

"Le premier plan sur Fox, sur le dos d'une moto, postérieur pointé vers le ciel, est une indication de la façon dont elle va être utilisée - comme la mise en valeur des paysages, c'est un argument indiquant pourquoi la race humaine mérite d'être sauvée...

Pourtant, Bay et Spielberg  ont apparemment décidé que les humains sont si peu de chose qu'ils ne peuvent être relégués au département des accessoires. Transformers 2 est vraiment un film d'animation - les Autobots et les Decepticons ne sont pas intégrés, visuellement, dans un monde en live-action, comme ils l'étaient dans le premier film; ils habitent leur propre univers de bande dessinée, dans lequel des gens apparaissent de temps en temps. Supposer qu'il existe une philosophie artistique derrière Transformers 2, ou même une intelligence, est demander beaucoup. L'objectif semble être la création d'un monde dans lequel les machines massives et minuscules humains coexistent. Visiblement cela reste encore à faire. "Transformers: Revenge of the Fallen" souscrivant à l'idée que les Américains ne se soucient pas de ce qu'on  leur donne, tant qu'on leur en donne en grosse quantité, est la version studio d'un poulet aux hormones  génétiquement modifié. Consommer à vos risques & périls."