BAY DE A à Z

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 COMME AUTOMOBILE 

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Chez Michael Bay, issu du monde du marketing, la voiture est non seulement un signe extérieur de richesse, mais aussi un signe de caractérisation qui se suffit à lui-même. Elle porte sa personnalité propre et elle contient sa propre promesse d'aventure, comme les voitures sans conducteurs de ses spots se déployant dans des décors de rêve. Une anecdote du tournage de Bad Boys révèle l'importance capitale que l'automobile peut prendre dans l'imagerie du cinéaste : en 1994, le studio refuse de louer une voiture et Porsche de leur prêter du matériel pour le film. Michael Bay, néanmoins refuse que la voiture de Smith soit autre chose qu'un modèle de la marque : le personnage ne pourrait acquérir son statut d’action-héro que par cette voiture selon le réalisateur. Ce sera la Porsche personnelle du réalisateur qui sera utilisée pour le tournage.

 

Cette transfiguration par la voiture va connaître différentes variations jusqu'aux Transformers. C'était déjà l'étape qu'avait dû franchir le personnage bien-nommé Goodspeed (interprété par Nicolas Cage), qui passait du statut du scientifique contraint de se faire passer pour un agent de l'état en possible héros d'action en conduisant une Lamborghini. Dans les Transformers, ce sont les voitures que nous conduisons qui prennent vie et nous désignent héros de l'aventure. Dans cette série de films de science-fiction, chacun des modèles est choisi méticuleusement, souvent par Bay lui-même, pour correspondre exactement à l'idée qu'il se fait du caractère du robot-héros de l'aventure. Entre le plaisir de présenter les dernières nouveautés les plus chères et belles du monde automobile et d'en faire des écrins pour ses héros, Michael Bay n'a jamais choisi. On peut retrouver non seulement les derniers modèles, mais aussi des prototypes et des créations inédites faites pour les films.  Ce qui était déjà vrai avant Transformers, est devenu de l'ordre d'un partenariat total, avec des constructeurs déboursant des millions pour créer des voitures correspondantes aux exigences du studio pour le dernier volet. Entre les premières publicités et le dernier Transformers, la boucle est bouclée.

"C'est avant tout le ressenti qui l'intéresse et cette sensation de vitesse plus que tout enjeu spatial"

"A" COMME AUTOMOBILE

 

Bay a toujours été fasciné par les voitures, dont il est collectionneur. Après avoir consacré une longue partie de sa carrière de réalisateur de publicités à iconiser des modèles illustres, il a bien sûr mis un point d'honneur à les mettre en scène dans l'ensemble de ses films. La saga des Transformers est venue nous le rappeler avec force : l'œuvre de Michael Bay est empreinte des mêmes tics quand il s'agit de filmer des voitures depuis ses premières réclames du début des années 90 ; Transformers paraît même parfois un appendice monstrueux à ces « premières œuvres », comme s'il s'agissait de l'adaptation en film des premières pubs du cinéaste autant que l'adaptation de la gamme de jouet d'Hasbro.

Très logiquement, presque tous les films de la filmographie de Michael Bay contiennent leur séquence automobile. Les commentateurs de l'œuvre du réalisateur ont très vite noté à quel point celles-ci étaient parfois insérées de façon artificielle dans le récit. Les poursuites sont devenues des  sortes de catalyseurs des reproches du "tout-action" et des choix de montage. L'exemple le plus frappant reste la séquence de poursuite dans les rues de San-Francisco de The Rock. On peut aisément la couper pour  arriver directement à la scène où Mason retrouve sa fille sans que ça n'ait de conséquence sur la compréhension de l'histoire. Cette séquence a été à l'époque l'occasion de débats houleux avec le scénariste. Pour Michael Bay il s'agissait « d'une façon, après cette mise en place compliquée d'aider le plus jeune public à se replonger dans le film ». Car le jeune public veut de l'action et la scène de poursuite est l'archétype même de ce que peut l'on peut proposer de plus impressionnant en terme de sensation de vitesse, d'explosions et de spectaculaire. Chez Michael Bay, et c'est particulièrement présent dans ses premières séquences de poursuites en voiture, c'est avant tout le ressenti qui l'intéresse et cette sensation de vitesse plus que tout enjeu spatial, ce qui explique d'ailleurs pourquoi les poursuites peuvent être insérées presque « n'importe où » juste pour des raisons rythmiques sans que rien d'autre ne le justifie. C'est un autre héritage de ses années pubs : après avoir fait de ses voitures des modèles de comédies musicales, tournoyant sous les projecteurs, les séquences automobiles de ses films sont avant tout des chorégraphies sans réel but, pour ainsi démontrer que le spectaculaire est possible.