UN FILM DE Isaac Florentine * par ANTONY PORTIER

Alors que UN SEUL DEVIENDRA INVINCIBLE 2 sort et met une patate à tout le monde, son réalisateur Isaac Florentine annonce bosser sur la suite avec cette fois le retour de celui qui bouffait l’écran et ses adversaires au petit déjeuner : Yuri Boyka. Sur le papier UN SEUL DEVIENDRA INVINCIBLE 3 : REDEMPTION a tout de la suite bigger and louder. Plus de bastons, plus de Boyka, plus de spectacle… Mais cette nouvelle aventure aurait tout aussi bien pu tomber dans les travers de l’opus de trop qui n’a pas grand chose à raconter. Heureusement Florentine et son scénariste David White savent ce qu’ils font.

Le metteur en scène choisit de se débarrasser de « Iceman » Chambers et de se focaliser sur celui qui volait le show dans l’épisode précédent : Scott Adkins. Une orientation bienvenue qui a le mérite de proposer quelque chose de différent tout en prolongeant la mythologie de la saga et le parcours du personnage. Condamné à nettoyer les toilettes de la prison après sa défaite face à Chambers, Boyka devra regagner son titre sur le ring via un tournoi dans une prison en République de Géorgie. Nouveaux personnages, nouvel environnement : la franchise repart sur de nouvelles bases et ne se repose pas sur ses excellents acquis même si on reste en terrain connu. Florentine et son directeur de la photographie s’écartent volontairement de l’opus précédent en optant pour des teintes chaudes qui contrastent avec les couleurs froides à la limite du noir et blanc de UN SEUL DEVIENDRA INVINCIBLE 2. Le résultat est satisfaisant mais le visuel du film paraît alors moins intéressant que celui de son aîné qui cachait un peu mieux son maigre budget.

Si UN SEUL DEVIENDRA INVINCIBLE 2 mettait tout le monde K.O. avec ses affrontements dantesques, sa suite réussit l’exploit de faire encore plus fort. La barre a été placée encore plus haut et c’est peu dire que Florentine et son équipe ont accompli des miracles. Si le réalisateur est toujours autant à l’aise pour mettre en scène ses affrontements entre dieux du ring (cadrages larges, mouvements de grue amples, découpage impeccable) il utilise cette fois-ci des gimmicks de mise en scène absents en 2006 tels ces zooms numériques d’un goût douteux. Difficile de comprendre la raison de l’apparition d’un tel artifice et son utilisation si fréquente, surtout qu’il trahit encore plus la nature DTV du projet. Une faute de goût pardonnable à la vue du reste mais qui n’en reste pas moins assez agaçante. Cela n’empêche pas de regarder chaque combat avec admiration, surtout que Florentine et son chorégraphe Larnell Stovall élargissent la palette de combattants et de styles de combats : boxe, capoeira, taekwondo, karaté, kickboxing… L’amateur de baston sera aux anges d’autant plus que ces dernières sont nombreuses et font très mal. A ce titre le combat final entre Marko Zaror (qui campe un bad guy mémorable tout droit sorti d’une planche de comics) et Adkins est un sacré duel de titans de dix minutes qui vaut à lui seul le prix du billet.

UN SEUL DEVIENDRA INVINCIBLE 3 tape donc très fort et parvient à égaler voir surpasser sur plusieurs points son déjà excellent prédécesseur. Une suite XL qui fera la joie de tous les cinéphiles biberonnés à la testostérone et qui fait définitivement de la saga une référence dans son genre.

 

Par A.Portier