Mike Banning est donc de retour et a repris sa place en tant que garde du corps de Président des Etats-Unis d’Amérique, leader des gentils. Ce dernier tente de maintenir la paix dans le monde en éliminant des méchants à distance à l’aide de drones, ces magnifiques engins qui permettent de rayer de la carte les vilains parasites avec une précision chirurgicale (à un kilomètre près mais on va pas chipoter). Manque de bol, lors de l’une de ces fameuses attaques ses services manquent un certain Barkawi, le plus affreux d’entre tous, non sans éliminer toute sa famille (mais ils ont pas fait exprès, l’honneur est sauf). Evidemment ce dernier le prend très mal. Deux ans plus tard, l’ensemble des chefs d’état (gentils) se réunissent à Londres pour les funérailles du premier ministre : c’est ce moment que choisit Barkawi pour déchaîner les enfers et tenter de faire sombrer le monde libre dans le chaos. C’était sans compter sur Banning, bannière étoilée sur pattes qui va tous leur faire payer leur félonie en leur rentrant des balles de divers calibres et des couteaux dans la peau (à tous ces bâtards).

 

Si LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE se posait déjà là en termes de plaisir régressif prompt à réveiller le fan des 80’s qui sommeille en chaque homme digne de ce nom (que celui qui n’a jamais versé une larme devant COMMANDO nous jette la première pierre), sa suite pousse allégrement tous les potards dans le rouge avec une constance qui force l’admiration. De son exposition avec passage en revue des plus grands chefs d’état européens à mourir de rire jusqu’au discours final du vice-président qui ferait rougir de honte George W. Bush, en passant par les punchlines de son héros digne d’un Donald Trump bourré à l’absynthe, LA CHUTE DE LONDRES est sans aucun doute l’actioner le plus ouvertement réac et décomplexé vu depuis belle lurette (ce qui, avouons-le, participe d’une certaine façon au fun de l’entreprise pour qui sait se tenir à distance raisonnable et apprécier ce genre de spectacle crétin à sa juste valeur). Ajoutons à cela qu’après 20 petites minutes plan-plans le démastiquage est quasiment non-stop et vous obtiendrez une espèce d’OVNI bourrin qui tranche frontalement avec les blockbusters policés que nous offre habituellement Hollywood. Si le film de Fuqua s’inscrivait dans un univers de fiction rigolard avec son attaque improbable de la Maison Blanche par la Corée du Nord, celui-ci n’a peur de rien et fait appel à toute l’imagerie anxiogène propre à nos sociétés contemporaines menacées par le terrorisme (bombes dans une grande capitale, vidéos d’exécution sur internet), mais en exagérant tout jusqu’à un point de non-retour propre à faire basculer le spectateur dans une réalité parallèle qu’on nommera « le monde de Gégé ».

UN FILM DE BABAK NAJAFI
Avec : Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman...
Durée : 1h39
Nationalité : Américaine

Dans ce monde étrange et pourtant si proche du nôtre, les terroristes sont tellement forts qu’ils réussissent en moins d’une heure à faire crever une poignée de dirigeants mondiaux, à exploser des bâtiments historiques et à couper électricité et communications dans toute une métropole. Ici, un homme seul est néanmoins capable de leur en faire baver et de les décimer par centaines, tout en veillant sur le Président (lui aussi armé d’une Kalash), et a bien sûr toute autorité sur les forces d’intervention locales (imaginez qu’un garde du corps de François Hollande demande au RAID de gentiment patienter à l’entrée d’une bâtisse le temps qu’il fasse le ménage tout seul). Tout se passe donc comme si LA CHUTE DE LONDRES tentait de faire rentrer au forceps la logique de l’actioner bourrin dans un paysage familier contemporain, à l’image de cette séquence qui voit une décapitation supposément retransmise sur You Tube interrompue par l’irruption soudaine de Banning qui flingue tous les bad guys impliqués en moins de cinq secondes. Le film de  Babak Najafi ne s’adresse donc pas clairement à tout le monde : soit ce genre de spectacle surréaliste vous file la gerbe, soit vous êtes capables de faire la part des choses et vous profitez joyeusement du spectacle.

Il y a trois ans Antoine « le Poète » Fuqua avait surpris son monde avec LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE, DIE HARD-like gentiment gol qui fleurait bon la Cannon, avec son héros inoxydable en dernier rampart du monde libre face à l’assaut improbable des Nord-Coréens sur Washington. Un petit plaisir coupable qui compensait ses quelques SFX approximatifs par une violence décomplexée et bas du front propre à réjouir tous les bourrins de la terre, faisant définitivement de Gerard « Gégé »  Butler le digne successeur de Steven Seagal. Suite au petit succès remporté par le film, Millenium a logiquement mis en chantier une suite cette fois réalisée par Babak Najafi, Suédois d’origine iranienne à qui l’on doit une poignée de long métrages mais qui met ici un premier pied à Hollywood. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son pied il le met directement dans ta tronche.

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AMERICA

FUCK YEAH !

Et du spectacle, il y en a, au sens boucher-charcutier du terme s’entend. Parce Gégé, vous l’aurez compris, faut pas le faire chier, et surtout pas menacer son pays. Ainsi donc, pendant un peu plus d’une heure, le nostalgique des glorieuses aventures de Chuck Norris assiste ébahi à un véritable festival de headshots, de plantage au couteau et de cassages de bras, le tout très correctement shooté (le réal cédant même à la mode du plan-séquence foufou à l’occasion d’une fusillade dans une ruelle) même si, comme nous le faisait remarquer notre confrère et néanmoins jeune giton Antony Portier (que l’on salue au passage), la photo est parfois très sombre. Tout cela est donc aussi violemment spectaculaire que réjouissant et le viandard moyen aura largement moyen d’y trouver son compte, pour peu qu’il ne laisse surtout pas son cerveau à l’entrée afin de bien se persuader, à chaque instant, que l’histoire qu’on lui raconte de déroule dans une réalité alternative. Faute de quoi c’est l’AVC assuré.

 

On attend donc avec impatience la suite des aventures de Mike Banning, tout en se demandant jusqu’où, cette fois, ils oseront aller...

 

Par S.Convert

LA CHUTE DE

LONDRES