Projet qui lui tenait à cœur depuis toujours, ACCIDENT MAN est un véritable rêve de gosse pour Scott Adkins. Le comics de Pat Mills et Tony Skinner fait partie de ces projets dont Adkins est particulièrement fier, et la présence de l’acteur à la production et au scénario (il est co-scénariste, une première) montre à quel point ACCIDENT MAN est important à ses yeux. Pour l’occasion Adkins refait équipe avec le réalisateur Jesse V. Johnson avec qui il avait déjà œuvré sur SAVAGE DOG et qu’il retrouvera sur THE DEBT COLLECTOR et le très attendue TRIPLE THREAT.

UN FILM DE JESS V.JOHNSON * par ANTONY PORTIER

Changement de ton et changement d’univers pour Adkins, qui quitte la Russie de Boyka pour un film très anglais dans tous les sens du terme. Les accents qui sont à couper au couteau, l’ambiance bon enfant, la voix off omniprésente et la présentation ludique des différents personnages rappelleraient presque Guy Ritchie ou Danny Boyle, les effets de style ostentatoires en moins. Pourtant Johnson et Adkins vont vite prendre une tout autre direction. Car oui, on est pas chez Ritchie ici mais chez Adkins, et chez lui les corps s’empilent rapidement. De ce côté-là ACCIDENT MAN ne déçoit pas, avec des combats globalement plus impressionnants que dans SAVAGE DOG et qui interviennent de façon régulière. On reste loin des UN SEUL DEVIENDRA INVINCIBLE/BOYKA (LA référence en matière de baston, point), ne serait-ce qu’en termes d’impact des coups et de rapidité d’exécution des chorégraphies, mais chaque échange de bourre-pifs est très convaincant. On retiendra surtout cet impressionnant deux contre un avec Michael Jay White et Ray Park (un rêve devenu réalité, tout simplement) et le mano a mano brutal contre Amy Johnston. Il y a donc du progrès depuis SAVAGE DOG, même si Jesse V. Johnson n’a pas la maestria d’un Isaac Florentine. Il cadre toujours large et met suffisamment en valeur les chorégraphies (signées monsieur Tim « NINJA 2 & BOYKA » Man) via de longs plans, mais il manque un soupçon de dynamisme dans le découpage pour rendre le tout aussi impressionnant que certains travaux de Florentine et Adkins.

Avec son budget qu’on imagine très modeste, Johnston parvient tout de même à rendre ACCIDENT MAN agréable à regarder même si visuellement le film souffle le chaud et le froid. La qualité de la photographie varie selon les scènes, mais l’ajout du scope est un plus non négligeable. Pour un film tourné en 24 jours seulement ACCIDENT MAN tient donc largement la route même si le manque de temps se fait sentir. C’est plutôt du côté du script que se trouvent les vrais défauts. Quelque peu prisonnier de leur acteur principal, les scénaristes et Johnson développent très peu son personnage. Passées les trente premières minutes avec une scène ou deux montrant le quotidien assez particulier de Fallon en tant qu’assassin, cet aspect (un assassin qui fait passer ses meurtres pour un accident) sera mis complètement de côté au profit d’un pur « Adkins movie » (comprendre : un film de baston). Un rétropédalage assez dommageable quand on imagine le potentiel ludique d’un tel personnage avec cette histoire, et surtout dans l’action. Tout ce qui touche à la fameuse confrérie d’assassins est convaincant, mais certains personnages sont clairement sous-exploités voir oubliés (l’assassin qui empoisonne ses victimes aurait mieux fait d’être viré du montage). De plus, le long flashback en milieu de métrage plombe le rythme plus qu’autre chose et ne fait que souligner des choses qui jusqu’ici étaient assez claires ou n’avaient pas besoin d’être approfondies.

Légère déception, ACCIDENT MAN n’en reste pas moins une petite série B sympathique qui contient son lot de bastons mémorables auxquelles Adkins nous a habitués, un petit apéro qui se déguste tranquillement en attendant LA grosse sortie rayon baston de cette année : TRIPLE THREAT avec son casting cinq étoiles (Adkins donc, Tony Jaa, Michael Jay White, Tiger Chen, Uko Uwais, Michael Bispin, que des machines de guerre donc) qui ferait passer EXPENDABLES pour un épisode d’ARABESQUE.

 

Antony Portier

ACCIDENT MAN est disponible en vidéo en import seulement pour le moment.