UN FILM DE guillaume pierret  * par ANTONY PORTIER

Lino est un voleur spécialisé dans la mécanique qui se fait arrêter lorsqu’un vol tourne mal. Il n’a d’autre choix que de s’allier à la police pour améliorer les voitures de l’unité de la région afin d’arrêter un important trafic de go fast.

Mais lorsqu’il se retrouve au milieu d’un complot, sa seule preuve d’innocence se trouve dans une balle logée à l’intérieur d’une voiture.

Premier film de Guillaume Pierret, Balle perdue a tout du petit film d’action français qu’on aimerait voir plus souvent dans notre verte contrée. Un pitch simple, un casting solide (Alban Lenoir, toujours impeccable), une réalisation efficace, un sens des priorités et de l’efficacité qui fait plaisir (1h30, pas plus) et des mano a mano / cascades motorisées qui font toujours plaisir. Un petit shot d’adrénaline qui va droit au but dans lequel les personnages arrivent à exister tout en allant constamment de l’avant. Si Guillaume Pierret n’est pas parfait quand il s’agit de tenir son concept tout du long (le rythme est un peu en dent de scie dans la deuxième bobine) sa capacité à mettre en boîte des séquences spectaculaires malgré un budget qu’on imagine pas si énorme que ça impressionne. Il faut voir ce long combat dans un commissariat parfaitement chorégraphié par Manu Lanzi (une valeur sûre du milieu), ou encore la poursuite finale qui contient son lot de cascades qui font très mal pour se rendre compte du potentiel d’un réalisateur qui sait ce qu’il fait. Quand il ne déchaîne pas les enfers, Pierret sait aussi caractériser ses personnages (voir le personnage féminin, qui arrive à exister avec très peu de dialogues) et arrive à nous faire croire aux liens qui les unissent avec peu de choses. Un exercice pas si facile que ça (Julien Leclercq s’y est cassé les dents avec son La Terre et le sang récemment) mais dans lequel un metteur en scène peut vite faire des merveilles avec suffisamment de talent. Et si Guillaume Pierret n’a pas encore la carrure des cadors du genre, il arrive sans mal à se positionner dans la catégorie des réalisateurs très prometteurs.

Sans jamais atteindre des sommets, Balle perdue arrive à divertir et à fait honneur à un genre peu représenté en France depuis des années et qui semble retrouver ses lettres de noblesse via Netflix. Allez messieurs les producteurs, encore quelques films de ce calibre et le public voudra peut-être enfin se déplacer en salle pour aller les voir. C’est en tout cas tout ce qu’on souhaite au prochain film de Guillaume Pierret, nouveau réalisateur solide qui compte bien mettre un coup de pied dans la fourmilière française.

Par Antony Portier

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