UN FILM DE spike lee * par Michael J. ESSELIN

Il est toujours compliqué d’adapter une histoire vraie à l’écran. Celle-ci nous raconte l’incroyable aventure, réelle, d’un flic noir de Colorado Springs, Ron Stalhworth (John David Washington) à la fin des années 70. A l’appel à candidatures de la Police Américaine, Ron décide de s’engager dans ce corps de métier où il a des choses à dire…et à faire ! Après quelques temps dans des fonctions administratives, et grâce à l’assentiment de ses supérieurs hiérarchiques, Ron changera de service ; mais il ne souhaite pas en rester là, et une annonce dans le journal local va tout déclencher.

 

Il décide d’infiltrer le Ku Klux Klan !

Vous ne sortirez probablement pas indifférents de la salle après avoir vu ce film. Il y mêle histoire, réalité, humanité, mais aussi courage, sang-froid et colère. Un film qui remet certaines pendules à l’heure !

Michael J. Esselin

Le subterfuge est intelligent et remarquable. Et il faut des couilles à Ron Stalhworth et à son collègue blanc pour parvenir à cet objectif commun. Si on n’a jamais vu de film de Spike Lee, on se retrouve face à l’œuvre d’un réalisateur engagé qui mouille le maillot et qui le fait mouiller par son équipe artistique !

La paire de comédiens John David Washington et Adam Driver (Kylo Ren dans Stars Wars Episode 8 Les Derniers Jedi) fonctionne à merveille. Malgré la gravité du sujet et de l’intrigue, on ressent une vraie complicité entre les comédiens et sur le plateau. Et cette complicité est plus que nécessaire pour donner toute l’authenticité à cette histoire. Car le sujet de ce film est grave. Spike Lee a su nous montrer des réalités de cette époque. Le racisme exacerbé de certains américains, la violence de leur propos et la barbarie de leurs actes. Tel un reporter de documentaire, Spike Lee, caméra à l’épaule, nous entraine dans la vie de cette communauté noire américaine de cette époque, montrée du doigt, discriminée, rabaissée à l’état d’animal, humiliée… Une réalisation au plus près des protagonistes, une mise en situation réelle du spectateur au cœur de ces groupuscules racistes, qui ne vous laisseront pas indifférents.