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UN FILM DE jESSE V. JOHNSON * par ANTONY PORTIER

Deux ans après le premier Debt Collector, Scott Adkins et Louis Mandylor reviennent collecter l’argent tout en distribuant des gnons dans la joie et la bonne humeur. Alors qu’on les avait quittés aux portes de la mort à la fin du film précédent, les voilà en forme et bien décidés à se remettre au boulot. Ce deuxième opus demande donc de mettre sa suspension d’incrédulité de côté, même si le début du film contient suffisamment d’informations pour justifier ce miracle.

 

Jesse V. Johnson revient derrière la caméra et au scénario pour cette suite qui pourrait sembler opportuniste au vu de ce retournement de situation, mais arrive à insuffler suffisamment de cœur tout en en donnant pour son argent pour qu’on passe un bon moment.

Après une rapide introduction qui met direct dans le bain, French et Sue repartent à l’aventure. Et si le personnage de French semble cette fois être plus en retrait, c’est justement pour mettre plus en avant celui de Sue. L’acolyte adepte des crochets bien placés a plus de place pour s’exprimer, et c’est avec plaisir qu’on découvre que Johnson et son scénariste Stu Small ont fait preuve de rigueur pour que cette suite ait quelque chose d’intéressant à proposer. Quand Adkins et Mandylor se posent après un combat pour se raconter leur expérience respective de la mort, c’est à la fois dans une ambiance tour à tour bon enfant et triste qui fonctionne très bien que les deux se confessent. Évidemment, on est venu pour la castagne, mais Debt Collectors fonctionne bien dans ses moments plus calmes. La raison numéro un c’est encore une fois Adkins et Mandylor qui s’en donnent à cœur joie avec des répliques cinglantes et une parfaite alchimie. Les deux acteurs se font clairement plaisir dans leurs échanges, et ce sont véritablement eux qui portent encore une fois le film du début à la fin.

Jesse V. Johnson a prouvé depuis maintenant plusieurs années qu’il était suffisamment compétent pour mettre en boîte de la bonne série B s’il avait assez de moyens, et Debt Collectors est une nouvelle preuve de ses nombreuses qualités. Si le budget qu’on imagine encore une fois réduit se fait sentir à 2/3 reprises (une escapade à Las Vegas qui se résume à une boite de nuit de dix mètres carrés et trois figurants, une fusillade finale qui trahit encore une fois les limites du budget), le reste du film fait honneur au genre et est presque dénué de faute de goût à un ou deux raccords maladroits près. Les combats font mal, toujours très bien chorégraphiés, avec en point d’orgue un énorme combat entre Adkins et Mandylor qui cite carrément l’Invasion : Los Angeles de Carpenter (eh oui). Un long affrontement à la fois drôle et très violent dans lequel tous les coups sont permis qui nous rappelle le meilleur d’Avengement dans son approche directe et brutale du combat.

C’est en étant fidèle à lui-même, c’est-à-dire modeste et efficace, que Jesse V. Johnson marque une nouvelle fois des points et livre avec Debt Collectors une suite de qualité qui n’a pas à rougir de son aîné. On espère que la carrière du réalisateur décollera prochainement et qu’il aura enfin à sa disposition des budgets plus importants pour continuer à tirer la série B d’action vers le haut. En attendant, le metteur en scène prouve une nouvelle fois qu’il faudra compter sur lui pour un genre qui fut le porte étendard de nos vidéoclubs et qui devient petit à petit précieux pour tous les amateurs de séances pizza/bières.

Par Antony Portier

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