Attendu depuis plus de deux ans, LE LABYRINTHE : LE REMÈDE MORTEL arrive enfin dans les salles, et son réalisateur Wes Ball (fidèle au poste depuis les débuts) a la lourde tache de conclure la trilogie débutée en 2014. Le premier film était une agréable surprise, petite pelloche d’aventure dont le concept intriguant donnait une plus value indéniable sans que le tout ne tombe dans les travers des autres teen movies. Le deuxième développait son univers et affichait des ambitions plus grandes malgré un résultat parfois bancal. Comment Wes Ball allait-il conclure tout ça ? En traitant le tout sous l’autel du divertissement pur. Et les promesses sont tenues : LE REMÈDE MORTEL est une conclusion aussi impressionnante que satisfaisante.

UN FILM DE WES BALL * par ANTONY PORTIER

LA TERRE BRULEE souffrait principalement d’un rythme en dents de scie à cause d’une durée plus importante (2h11) et d’une deuxième partie inégale. Wes Ball corrige ces défauts en faisant de REMÈDE MORTEL un long film d’action dont la tension va crescendo jusqu’à une deuxième heure en forme de long climax explosif. De ce côté-là le spectateur et/ou fan de la franchise en aura largement pour son argent, le film alignant les morceaux de bravoure pas piqués des hannetons avec une facilité déconcertante. Et c’est dès l’introduction que Wes Ball va montrer qu’il est le patron, avec un braquage de train à la MAD MAX filmé à la perfection. Par le biais de raccords dans l’axe ou de longs plans qui rendent la topographie parfaitement compréhensible et d’une mise en image dynamique, Ball fait ce que beaucoup de réalisateurs n’arrivent pas à faire correctement de nos jours, surtout que le budget du REMÈDE MORTEL est loin d’être aussi important que celui de n’importe quel blockbuster récent (62 millions, autant dire pas grand chose). A priori le film est donc modeste, et pourtant il y a une vraie ambition visuelle et une gestion du budget qui force le respect à la vue du spectacle qui se déroule devant nos yeux. Direction artistique, scènes d’action et effets spéciaux constituent un sans faute du début à la fin, et on sent un véritable amour du genre et du travail bien fait.

Dommage de voir par contre Ball et son scénariste avoir toujours autant de mal avec les personnages, trop nombreux pour avoir le développement nécessaire. Giancarlo Esposito et Rosa Salazar sont par exemple impeccables, mais leurs personnages n’évoluent pas ou très peu. Toutefois, en faisant de Minho un des enjeux principaux, Ball redonne de l’importance à un protagoniste un peu laissé de côté dans le dernier opus tout en développant l’esprit de camaraderie instauré en 2014 dans LE LABYRINTHE. Thomas, Newt et Minho n’ont jamais parus aussi proches et, quand vient le moment de prendre des décisions difficiles, l’implication fonctionne du tonnerre grâce à une dramaturgie classique mais efficace. À noter que l’excellent Walter Goggins s’invite à la fête dans un rôle très fonctionnel et assez décevant. Si tout n’est pas rose donc, on reste scotché à son siège pendant plus de deux heures sans que la moindre longueur pointe le bout de son nez, ce qui est en soit un petit exploit.

Conclusion aussi efficace que maligne, LE REMÈDE MORTEL se termine par une fin douce - amère pas si attendue que ça. Probablement dernier teen movie avant un bon moment (il suffit de voir les résultats décevants au box-office des derniers HUNGER GAMES, DIVERGENT ou même LE REMÈDE MORTEL qui démarre très timidement pour sa première semaine), ce dernier chapitre des aventures de Thomas conclue une trilogie qui, si elle n’a jamais su complètement transformer l’essai, a toujours réussi à rester attachante tout en mettant en avant les qualités formelles de son réalisateur.

 

Et ça, peu de film de ce genre en ont le privilège.

 

Antony Portier