UN FILM DE JULIUS AVERY * par ANTONY PORTIER

Il fut un temps où OVERLORD était selon les rumeurs un spin-off de l’univers CLOVERFIELD, rumeurs depuis démenties par J.J Abrams qui annonça fièrement que non, OVERLORD était bel et bien une production originale Paramount sans aucun lien avec la franchise. Et vu la capacité de la bande à Abrams à saborder des films en voulant les relier à la mythologie du film de 2008 (voir les tardifs rajouts de CLOVERFIELD PARADOX pour s’en convaincre) on se dit que ce n’est pas plus mal. La bande-annonce vendait OVERLORD comme une adaptation non officielle du jeu Wolfenstein. Des nazis, des docteurs qui s’adonnent à des expérimentations dans des laboratoires secrets, des zombies, des troufions qui ont la gâchette facile, le tout pendant la seconde guerre mondiale donc (en France qui plus est !), il n’en fallait pas plus pour réveiller le fan de cinéma bis qui sommeillait en nous.

 

Sauf que malheureusement la vérité est tout autre, et OVERLORD n’arrive jamais vraiment à tenir ses promesses.

D’un film d’exploitation excitant qui avait tout pour plaire (le logo du début montre bien cette envie d’hommage à ce cinéma) on se retrouve avec une série B qui a un énorme balai dans le fondement. On dit que le trop est l’ennemie du bien, mais Julius Avery et ses scénaristes semblent prendre cet adage bien trop sérieusement. Du coup il ne reste que des miettes, quelques jolis plans qui font leur petit effet et l’excellent travail du département des sfx pour nous sortir de notre torpeur. Le reste du temps Avery enchaine les tunnels de dialogues et les séquences répétitives malgré une interprétation sans faille de l’ensemble du casting. Le manque d’originalité d’un tel projet (DEAD SNOW est déjà passé par là par exemple) ne serait pas un problème si le reste suivait. Mais coincé entre l’envie de faire un film de studio (classé R il est vrai) avec un budget confortable et l’envie de rendre hommage à ces peloches « Grindhouse », Avery ne parvient à aucun moment à trouver le juste équilibre. Non seulement tout ce qui touche à l’horreur pure est une énorme déception, mais tout ce qui tourne autour de cet aspect n’a aucune plus value et fini par provoquer l’ennuie.

Réalisateur du « sympas mais sans plus » SON OF A GUN, Julius Avery fait presque illusion dans les premières minutes. Malheureusement, si l’efficace introduction met direct dans le bain il faudra par la suite attendre une bonne heure avant que les choses deviennent un peu plus mouvementées. Un comble, alors que l’histoire est au final sans surprise (si vous avez vu la bande-annonce vous savez déjà tout) et n’apporte aucun rebondissement notable. Le pire étant que dès que la machine se met (enfin) en marche rien de bien incroyable ne se passera. Pourquoi faire autant de teasing dans la première heure (une scène vers le début cite le THE THING de Carpenter, rien que ça) si c’est pour au final se retrouver avec deux pauvres zombies dans un climax anti spectaculaire dénué de moments un tant soit peu excitants ? Alors quand en plus le film enchaine les incohérences et les idées sous-exploitées (tout ce qui touche à la fameuse « Tante » est très décevant, ne fait aucun sens et ne mène au final à rien) on se dit que tout ça n’est qu’une vaste plaisanterie.

Pour un film vendu comme une série B violente (AC/DC à l’appuie sur les trailers, ça aide) il y a au final très peu de choses à se mettre sous la dent. Dans le même genre autant se refaire PLANET TERROR de Robert Rodriguez, beaucoup plus honnête, fun et surtout généreux dans sa démarche.

 

Là c’est la sale impression d’être à un buffet et d’avoir trois haricots et deux patates qui prédomine, autant dire qu’il y a un peu tromperie sur la marchandise.

 

Antony Portier