Il (Bruce Willis) a tendance à essayer d’être le réalisateur et à changer les dialogues des acteurs. Je pense que Bruce n’a pas aimé le fait que j’ai une paire de couilles.

 Replaçons tout dans son contexte : BAD BOYS est le premier essai de Bay au cinéma. BAD BOYS 2 est arrivé huit ans plus tard, soit une éternité pour une suite. Entre temps, ce ne sont pas moins de trois de ses  films qui ont eu droit à une sortie cinéma : THE ROCK, ARMAGEDDON et PEARL HARBOR. Trois métrages dans lequel le réalisateur a su démontrer qu’il avait la folie des grandeurs et qu’il aimait faire tout péter. On pourra dire ce qu’on veut de PEARL HARBOR, mais la demi-heure d’action n’a rien à envier aux morceaux de bravoure d’un James Cameron (pour ne citer que lui). En 1995, Bay n’en est qu’à ses débuts. La mise en scène montre encore les stigmates de son passé de clippeur (voir la scène de la mort de Max, avec flash et gros plans typiquement hérités de ce style), la photo est un peu terne malgré le lieu idyllique, les scènes d’action sont rares et assez timides niveau destruction… BAD BOYS a vieilli, c’est un fait. Ou plutôt, c’est un film visuellement très marqué 90’s (tout comme sa musique, signée par l’excellent Mark Mancina). Cent millions de dollars plus tard, BAD BOYS 2 va clairement élever le niveau : le scope fait son apparition, la photo est beaucoup plus vive, les scènes d’action sont plus que nombreuses, bref on sent que les producteurs ont mis la main à la poche. Plus long, plus fort, plus bruyant, le film est l’idéal-type de la suite « bigger and louder ». Une durée indécente de deux heures vingt, une scène d’action maousse toutes les vingt minutes, un classement R (interdit au moins de dix-sept ans aux USA), des blagues de mauvais goût dans chaque dialogue… Tout le film marche sur ce concept de surenchère jusqu’à l’écœurement. Le juste milieu, Michael Bay ne connaît pas. Never enough. Et dans le cadre de BAD BOYS 2 le réalisateur le plus explosif d’Hollywood met le paquet.

 

C’EST REPARTI COMME EN 95

 

"Je ne change mon style pour personne. C’est ce que font les pédales."

 

Michael Bay

 

S’il y a bien une chose qu’on ne peut reprocher à Michael Bay, c’est cette volonté de rester lui-même malgré les nombreuses critiques formulées à son égard. Le réalisateur de THE ROCK, ARMAGEDDON et des TRANSFORMERS fait en effet parti de cette poignée de metteurs en scène qui ont marqué les esprits par leur style, quand bien même ce dernier divisait la communauté cinéphile. Un visuel très reconnaissable, avec des effets de style qui constituent la « patte » Bay depuis le début de sa carrière dans les années 90. « Montage incompréhensible », « surdécoupage », « photo moche », « scénarios indigestes », les arguments à l’encontre des créations de Michael Bay sont nombreux, et pourtant le bougre s’entête à rester fidèle à une identité qui lui est propre. Cependant, certains films du réalisateur font presque figure d’exception tant ils paraissent sages à côté du reste de sa filmographie. Après le carton de ARMAGEDDON, Bay et le producteur Jerry Bruckheimer s’associent une nouvelle fois pour faire concurrence au TITANIC de James Cameron avec PEARL HARBOR. Un récit historique dont l’événement central est resté dans les mémoires, un acteur qui jouait déjà dans son carton précédent, un budget encore une fois faramineux, un triangle amoureux… Tous les éléments sont réunis pour faire de PEARL HARBOR un incroyable succès au box office, de ceux qui marqueront l’histoire du cinéma. Et pourtant, sans être un désastre financier, le résultat se révélera décevant et bien en dessous des attentes (on parle toutefois de 450 millions de dollars de recettes mondiale pour un budget de 140). Le film ne fait encore une fois pas l’unanimité chez les critiques et loupe le coche. C’est alors que Bay et Bruckheimer vont donner vie à ce qui est considéré par nombre de fans comme le meilleur film de Michael Bay : BAD BOYS 2. Huit ans après le premier opus, Bay fait revivre la franchise qui lança la carrière de Will Smith au cinéma. Sauf que cette fois-ci, il a beaucoup plus d’argent et compte bien se venger de son expérience sur PEARL HARBOR.

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"Il (Bruce Willis) a tendance à essayer d’être le réalisateur et à changer les dialogues des acteurs. Je pense que Bruce n’a pas aimé le fait que j’ai une paire de couilles."

 

Michael Bay

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