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S'EN PAYER UNE TRANCHE (WHOOSAH !)

Niveau humour, le film de Bay ne fait pas dans la subtilité : blagues racistes, concours de bites entre collègues, rats qui forniquent plein cadre, fesses explosées en gros plans, grimaces incessantes, acteurs en roue libre… La panoplie d’effets comiques est complètement absurde du début à la fin. Si le premier BAD BOYS comportait une grande part d’humour, le deuxième pousse le bouchon encore plus loin. Les blagues et situations se font beaucoup plus grasses, ça parle de cul ouvertement pendant plusieurs minutes, d’homosexualité à plusieurs reprises, et la nationalité de chacun est une excuse pour sortir une vanne facile et bien lourde. Paradoxalement, le tout semble plus naturel et juste dans l’interprétation générale, comme si les acteurs, conscients du jusqu’au-boutisme du projet, s’en donnaient à cœur joie. Il faut savoir que, sur le premier BAD BOYS, les acteurs avaient plus de marge pour improviser et que le deuxième film a été beaucoup plus cadré niveau dialogues et situations.

"On a beaucoup improvisé sur le premier film. On n’avait pas un script solide sur lequel s’appuyer, et le budget était si restreint que cela ne nous laissait pas beaucoup de temps pour les répétitions. Mais sur celui-ci nous avons passé beaucoup de temps à répéter et à apporter de nouvelles idées avant d’arriver sur le plateau."

 

Michael Bay

De cette discipline naît pourtant un métrage qui semble encore plus fou et imprévisible que le précédent. Aucun tabou dans BAD BOYS 2, aucune censure. Le cinéaste est connu pour sa propension à permettre à ses comédiens d’improviser, et à les laisser donner libre cours à leur imagination afin de faire ressortir leur côté obscur. En l’occurrence, Joe Pantoliano fait partie de ces acteurs qui n’ont jamais eu la chance d’avoir une scène sérieuse avec Bay. Et pour cause : chacune de ses apparitions est un trésor de portnawak, faisant de lui un véritable running gag sur pattes qui en voit de toutes les couleurs à cause de nos deux héros. Il en est de même pour le grand méchant de cet épisode, Johnny Tapia, joué par Jordi Mollà. Alors que le cinquième climax du film approche, le bad guy contemple une peinture du Christ faite à son effigie, et fait part de son mécontentement (il trouve l’ensemble « déprimant à en mourir »). La scène n’a pas fait avancer l’histoire, et ne sert qu’à amener un gag de plus dans une histoire qui en contient déjà des milliers. BAD BOYS 2 est également l’occasion pour Bay de faire rentrer dans l’inconscient collectif des expressions totalement incongrues. Qui ne se rappelle pas du fameux « wooossaaaa » répété ad nauseam ? Ou de la scène du pauvre Reggie venu chercher Mégane pour un rendez-vous galant ? En une scène, Bay joue sur la perspective de façon ironique et utilise son sens du cadre de façon simple mais diablement efficace. La plongée rend en effet Marcus et Mike plus petit que le jeune (grand) homme, mais ce sont eux qui dirigent la conversation. Quand Mike s’invite dans le dialogue le contre-champ en contre-plongée nous montre ainsi le visage du jeune homme terrifié, qui plus est au même niveau que les deux héros. Lors du tournage, Michael Bay avait dit à Smith et Lawrence de ne pas adresser la parole au jeune acteur, et de se comporter comme les pires salopards possibles afin de rendre sa peur et son stress plus palpable.

Il est important de souligner que la version française du film est de très grande qualité, car elle en rajoute constamment dans l’excès. Par exemple, en début de métrage le mot « chest » est traduit par « les deux gants de toilettes qui te servent de pectoraux ». On ne compte plus les tournures de phrases incontournables en décalage avec VO, telles que le « j’avais la raie tellement serrée que j’ai marqué le cuir ». L’absence de demi-mesure made in Bay se retrouve donc même dans la VF, et ce n’est pas pour nous déplaire.