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ÇA SE BOUSCULE AU PORTILLON

BAD BOYS 2 n’était pas spécialement… Je pense que, d’une certaine façon, ils savaient que cette suite n’était pas vraiment obligatoire. C’est un peu comme si tout le monde avait dit « ah oui tiens c’est vrai il y a eu un BAD BOYS ». Mais je pense que pour aller à l’encontre de ça, ils ont fait le film le plus effronté et excessif possible. Et du coup il existe désormais de manière complètement indépendante du premier. C’est genre « BAD BOYS 2. Oubliez BAD BOYS 1 ». Ça le rend presque obsolète. 

 

Simon Pegg

 

C’est ainsi qu’à vouloir en faire le plus possible, BAD BOYS 2 éclipse son prédécesseur. D’un point de vue narratif, le film n’a pas besoin du premier pour exister. Il en reprend certaines scènes et dialogues (le dégoût de Marcus envers les cadavres par exemple) en poussant le bouchon encore plus loin. On croirait presque que le film essaye d’effacer le premier de l’inconscient collectif. Et pourtant les scénaristes (au nombre de trois, quand même) montrent dès le début que la relation entre Marcus et Mike a évolué. Les années ont passées, et le comportement du second finit par exaspérer le premier. Toute la partie concernant la possible mutation de Marcus est évidemment téléphonée, mais elle permet d’ajouter un peu de cœur à un scénario qui part dans tous les sens. La DEA, le FBI, les gangs des Haïtiens, les Russes, le bad guy, la sœur qui se retrouve au milieu etc… BAD BOYS 2 multiplie les personnages et les sous-intrigues, amplifiant ce sentiment de bordel absolu. Tout n’est que chaos et destruction, et le spectateur doit assimiler une tonne d’infos entre deux explosions sans avoir le temps de se reposer. Pour autant la trame reste évidemment très simple malgré son traitement à priori alambiqué. L’impression qui en ressort est que Bad Boys 2 est une somme de scénettes qui semblent parfois tellement déconnectées entre elles que ça en devient hilarant. A titre d’exemple, la scène de Reggie intervient alors que les deux compères viennent tout juste de se disputer ; juste après, Marcus et Mike redeviennent les meilleurs amis du monde (« c’était vraiment cool » lance Marcus). Au-delà de la pirouette scénaristique évidente, ce changement de comportement prouve une chose : que nos héros sont avant tout conditionnés par l’humour made in Bay, se définissent et évoluent à travers celui-ci, quitte à ce que le scénario n’ait plus aucun sens.

"BAD BOYS 1 avait un très mauvais scénario, soyons honnêtes. En gros tout ce que nous avions pour BAD BOYS 1 c’était deux super acteurs et il y avait une très bonne alchimie entre eux."

 

Michael Bay

Pour autant les femmes ne sont pas oubliées. Et BAD BOYS 2 donne une image de la femme moins simpliste qu’on pourrait le croire. Chez Bay la femme est souvent un objet de désir, mais elle sait également parfois se montrer plus forte que les hommes. Le personnage féminin campé par Gabrielle Union fait partie des plus intéressants de la filmographie du cinéaste. Son côté sexy n’est jamais mis en avant gratuitement (la seule fois où elle se retrouve en maillot de bain c’est pour instaurer une relation de confiance avec Johnny Tapia), et c’est surtout sa qualité de femme forte qui ressort. Lors de la découverte de sa véritable identité, elle est introduite par un travelling avant en contre-plongée la mettant clairement en position de force. Bay l’iconise et la rend plus imposante que les hommes qui lui font face ; ces derniers n’ont pas droit à une telle valeur de plan et sont dépeints comme des idiots qui ont le feu aux fesses (Peter Stormare, qui joue pour la seconde fois le Russe de service pour Michael). On est donc loin de l’introduction de Rosie Huntington dans TRANSFORMERS 3. De plus, si Union endosse le rôle de la femme en détresse à sauver à la fin, c’est à cause de Mike et Marcus, qui ont grillé sa couverture. Bien évidemment BAD BOYS 2 est parsemé de plans sur des figurantes en petite tenue, mais le traitement sérieux du début à la fin du personnage de Syd fait presque figure d’exception dans la filmographie du bonhomme.

"Vous savez quand les gens vous racontent la première fois qu’ils se sont drogués ? Mon premier film avec Michael Bay c’était exactement ça. C’était comme chasser le dragon, et je n’ai jamais cessé de courir après cette expérience depuis ce moment-là."

 

Gabrielle Union