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LES PIEDS DANS LE PLAT

"J’ai parlé à beaucoup de gens et je suis content que nous ayons opté pour une violence à la 48 HEURES de Walter Hill. J’en ai marre de ce PG-13 pour bisounours. J’en ai ma claque. Je revenais de PEARL HARBOR pour lequel j’étais obligé de me plier à cette interdiction, et le rapport de la FDC (la commission de sélection des films) m’a rendu furieux. J’ai été au Comité contre la violence au cinéma, et il y a eu toute une histoire avec Gore et Lieberman, les têtes pensantes, qui me disaient en gros que si je ne coupais pas telle scène, eux le feraient. Comment le prendriez-vous ? Je ne l’ai pas très bien pris. Une partie de ma réponse est dans BAD BOYS 2."

 

Michael Bay

 

En effet, BAD BOYS 2 fait figure de pionnier en matière de blockbuster classé R, soit interdit au moins de dix-sept ans aux Etats-Unis. Une chose aujourd’hui impensable ou tout du moins très compliquée vu la propension des studios à prendre le moins de risques possible et à vouloir ramener le plus de spectateurs de tous âges en salle. Rien de moins logique : pour un film à cent trente millions de dollars de budget, se priver d’une partie du public est difficile à envisager. BAD BOYS 2 est bourré de « fuck » et autres « motherfucker », de gerbes de sang qui éclaboussent généreusement le décor, de corps qui explosent dans la joie et la bonne humeur. Le premier contenait déjà du langage ordurier et une certaine violence graphique, mais on est un bon cran au-dessus avec la suite. Alors que PEARL HARBOR était PG-13 (interdit au moins de treize ans aux USA), Michael Bay se venge littéralement d’avoir été bridé niveau violence, et parsème son film d’éléments potentiellement transgressifs. Putassier, insolent, le métrage l’est assurément, et n’hésite jamais à franchir la ligne du politiquement incorrect. Une position extrême qui met BAD BOYS 2 dans une situation assez exceptionnelle : en poussant les limites du « rien à foutre », le réalisateur fait un gros doigt d’honneur à tous ceux qui s’attendaient à un film d’action lambda. Si l’on devait comparer la plupart des films actuels à plus de cent millions de dollars à BAD BOYS 2, ce dernier les ferait tous passer pour des enfants de chœur. Bien sûr cette abondance d’ultra-violence, de nudité absurde et de langage ordurier peut lasser, surtout étalée sur deux heures vingt de visionnage. C’est à la fois le meilleur et le pire du film, la raison pour laquelle ses fans l’adorent et ses détracteurs l’exècrent au plus haut point. Choisis ton camp camarade !

 

"J’adore tout simplement la texture de la ville (Miami). Sa lumière a une forme d’élégance, ses ciels sont magnifiques... Il y a quelque chose de vibrant dans cette ville."

 

MICHAEL BAY

À sa sortie durant l’été 2003, le film rapporte 238 millions de dollars, ce qui fait de BAD BOYS 2 un succès encore moins important que PEARL HARBOR. Pourtant, bien des fans lui vouent un véritable culte, et encore aujourd’hui beaucoup le considèrent comme le meilleur film de Michael Bay. Par-delà de cet état de fait, c’est surtout ce qu’a apporté BAD BOYS 2 à Michael Bay qui est intéressant. Le culte de la ville de Miami (qu’on retrouvera dans NO PAIN NO GAIN évidemment), cette photographie si particulière (quelques années plus tard, TRANSFORMERS 2 s’en rapprochera beaucoup visuellement parlant), l’humour qui franchit un cap (là encore, TRANSFORMERS 2 ira dans la même direction), les scènes d’action qui se répéteront dans la suite de sa filmographie (THE ISLAND)… C’est tout un pan de l’œuvre de Michael Bay qui reste marqué par BAD BOYS 2. Un film-somme en quelque sorte, qui condense tout ce qui fait son style en plus de deux heures. Désormais la franchise est apparemment entre les mains de Joe Carnahan (qui postes sur Twitter des images de prévisualisation de scènes). Un choix qui laisse dubitatif malgré la qualité globale de la filmographie de Carnahan. Car BAD BOYS sans Michael Bay, c’est un peu comme MAD MAX sans George Miller : on ne voit pas trop l’intérêt. L’arrivée de 13 HOURS laisse cependant planer le doute. Ce dernier film représente en effet une véritable rupture dans la carrière du réalisateur, que cela soit d’un point de vue visuel (le film est beaucoup moins tape-à-l’œil que ce que l’on a l’habitude voir chez le réalisateur) ou du ton (beaucoup plus sérieux). 13 HOURS marque peut-être le début d’une nouvelle ère pour Bay. Et s’il n’avait plus le cœur à faire un BAD BOYS 3 ? Et si l’inventeur du « BAYHEM » était passé à autre chose ? L’avenir nous le dira. En attendant, il nous reste toujours BAD BOYS 2.

 

WOOSAAAAAAAAHH.

 

Par A.Portier

Pour infos le film n’est à l’heure actuelle toujours pas disponible en Blu-ray en France. Une injustice incompréhensible qui peut être réparée grâce à l’import. En effet le film est disponible en Blu-ray steelbook (boîtier métal) chez Zavii ou chez nos amis allemands. Les deux éditions sont exactement similaires niveau contenu : le très long making-of de plus d’une heure présent sur le DVD collector est bien là, tout comme les nombreuses featurettes et les scènes coupées (toutes dispensables). Cerise sur le gâteau, la VF est bien la « vraie » et non une version canadienne. La différence entre les deux ? L’édition Zavii est à 20 euros et propose la VF en DTS HD (en plus d’un beau boîtier, avis aux collectionneurs), alors que l’édition allemande est beaucoup moins chère (autour de 8 euros) mais contient la VF en Dolby digital seulement.

 

A vos porte-monnaies !

UN FILM DE MICHAEL BAY
Avec : Will Smith, Martin Lawrence, Jordi Mollà...
Durée : 2h27
Nationalité : Américaine