L’idée de Mad Max 2 : Le Défi est arrivée à George Miller alors qu’il s’était arrêté à des stations-service et qu’il avait aperçut des personnes se battre pour de l’essence. Il décide alors de s’inspirer des faits de l’époque (en l’occurrence la crise pétrolière) en guise de point de départ. Miller travaille à ce moment là sur plusieurs scénarios avec Terry Hayes. Les deux discutent et reviennent sur Mad Max. Ils se mettent alors à étudier le livre « Le héros aux 1000 visages » de Joseph Campbell, théoricien qui influença énormément de réalisateurs grâce à ses écrits (son livre, étudiant la structure des mythes du héros et les similitudes qui en découlent, fut une des influences majeures durant la conception de Star Wars pour George Lucas). L’écriture du scénario de Mad Max 2 : Le Défi se fera ainsi avec le livre littéralement sur les genoux tout du long et deviendra donc une énorme source d’inspiration pour ce deuxième opus. Le premier s’ouvrait sur une course poursuite. C’est également le cas du deuxième qui démarre sur des chapeaux de roues. Sauf que cette fois-ci le monde a changé. Mad Max était un film d’anticipation. Mad Max 2 : le Défi est davantage un film qui s’inscrit dans le genre « post-apocalyptique ». Il n’y a plus que désespoir, et la route, quant à elle, semble encore plus que dans le premier l’endroit où tout se joue.

Mad max 2 : Le Défi s’ouvre ainsi sur un montage d’archives montrant le monde sombrer petit à petit dans le chaos. Le procédé, classique, se montre ici très efficace, d’autant plus qu’il y insère l’histoire de Max, lui donnant plus de corps, le tout accompagné par la sublime musique de Brian May, mieux utilisée dans ce deuxième volet (certains passages du premier étant assez maladroits de ce point de vue). Après cette introduction brève mais diablement efficace, le film nous entraine en plein milieu d’une course poursuite. Max, au volant de son fameux bolide, est poursuivi par d’autres pilleurs. La mise en scène nous rappelle tout de suite que nous sommes bien dans un Mad Max : au ras du sol, et collant au plus près des véhicules, quitte à proposer des plans improbables (des caméramans embarqués à l’arrière de la moto du cascadeur), l’ouverture donne le ton. Le film se veut plus ambitieux, plus gros, plus grand ! Et pourtant, le tournage a été une partie de plaisir contrairement au premier. Là où Mad Max premier du nom fut un véritable cauchemar (on parle d’un an rien que pour le montage), le deuxième opus parvient quant à lui à réunir les 4 millions de dollars nécessaires à sa mise en chantier en deux coups de téléphones et finit par se tourner puis sortir au cinéma en à peine moins d’un an ! Le tournage se déroula majoritairement aux alentours de Broken Hill et aux Pinnacles en Australie et Mad Max 2 : Le Défi deviendra à ce moment-là la production la plus chère d’Australie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette suite opère donc un changement visuel radical, transformant le monde du premier en un véritable désert ! Ainsi, ce deuxième volet va considérablement se rapprocher des films aux grandes fresques d’aventures épiques, utilisation du grand angle à l’appui ! Plus de décors, plus d’acteurs, beaucoup plus de poursuites et de cascades toujours plus folles, le film se refuse peu de choses. Pourtant le propos reste cohérent avec la saga entamée quelques années auparavant. Le monde a sombré dans la folie, et Max est montré comme un personnage à la fois serviable mais agissant néanmoins uniquement dans son propre intérêt à chaque fois. Tout ce qui le motive est l’essence, tout comme les autres fous, roulant dans ce désert aride. A un moment le chef de la tribu du Nord lui lance « toi, tu n’es qu’une ordure comme ces gens dehors ». C’est un fantôme du passé qui a perdu la foi, qui ne croit plus au bien. Le mal, George Miller y apporte encore une fois beaucoup d’attention, avec une bande de bad guys marquants qui, à l’écran, sont presque plus intéressants que les gentils. Ce sont les seuls qui espèrent des jours meilleurs, utopistes en quête d’un nouvel Éden, mais qui finissent par succomber à la folie ainsi qu’aux pillages. La première confrontation entre les deux groupes sera un des moments forts du film. Celle-ci est par ailleurs amorcée par de magnifiques plans d’ensembles.

La trame de Mad Max 2 : Le Défi s’avère donc très simple. Un récit plus linéaire que le premier, des enjeux clairs, un rythme géré par des courses poursuites qui ont de vrais enjeux et conséquences sur l’histoire. Le tout est filmé dans un magnifique scope culminant dans une séquence motorisée restant encore aujourd’hui un sommet de sa catégorie. Un morceau de bravoure de près de 15 minutes, réalisé en live bien avant que les fonds verts envahissent Hollywood. Byron Kennedy (producteur du film) finira d’ailleurs par avoir un impact énorme sur le tournage de ces scènes. Etant lui-même, de base, un énorme fan de voitures, le fidèle associé de Miller était souvent sur le plateau et mettait régulièrement la main à la patte afin de mettre en boite toutes les scènes motorisées. Pourtant, la proposition de ce Mad Max 2 : le Défi se rapproche davantage d’une production hollywoodienne que le premier. On imagine forcément que le budget doit pencher dans la balance, même si le métrage sait se montrer par moment toujours aussi violent. Une violence plus graphique que sur l’épisode précédant ou celui-ci préférait jouer de la suggestion. La suite, quant à elle, montre sans vergogne, la nudité par deux fois (une fois lors du viol au début, et une autre fois lors d’un gag gratuit) et quelques mises à mort sanglantes. Et pourtant, la classification sera moins dure que pour le premier opus ! Il est aussi intéressant de noter que cette fois-ci la scène de viol (une scène marquante du premier) est ici reprise mais de manière différente. Ainsi toute la scène sera vue à travers la lunette de Max et de Jedediah (le pilote de l’hélicoptère). C’est à la fois un rappel de la scène du viol et de l’ouverture du premier volet, dans lequel là aussi, le voyeurisme d’un personnage se faisait à distance. Sauf que cette fois-ci l’acte est loin d’être drôle, et le personnage de Jedediah, présenté lui aussi comme mentalement dérangé, passera du sourire au dégoût le temps d’un champ/contre champ sur l’horreur qui se déroule en face de lui.

Quand vient le plan final de l’homme abattant la femme en hors champ, impossible de ne pas lire l’expression sur son visage, trahissant l’évidence : oui le monde est bel et bien devenu fou !

A la fin de la poursuite finale, les bad guys et le spectateur se rendent compte de la supercherie mise en place par la tribu du Nord. La musique d’introduction de Brian May revient alors, comme pour souligner un éternel recommencement. Le plan de Max, seul sur la route (et visible en début de métrage lors de l’introduction) est repris, mais en travelling arrière cette fois. Il ne partira pas avec la tribu du Nord car pour Miller, le héros sert une cause plus grande que lui, et ne doit pas la rejoindre. Il se refuse de rendre le personnage de Max plus blanc. Il restera quelqu’un qui n’agit que par intérêt (comme tous les autres personnages du film), fonctionnant exclusivement par le biais de la Négociation. C’est alors qu’il devient une icône, un mythe vu à travers le visage d’un enfant.

Le spectateur, lui, finira par apprendre que la voix-off qui ouvre le film était en réalité cet enfant devenu adulte. Celui-ci finira même par clôturer également le film, faisant entrer Max dans la légende et scellant définitivement l’orientation plus ambitieuse de cette suite.

 

Mad Max 2 : le Défi sera un triomphe au box office, et une fois encore George Miller finira par déclarer qu’il n’y aura pas de troisième volet.

Terry Hayes et Miller finissent par parler d’une suite fin 1983 !

La première idée qui leur vient à l’esprit est d’axer le film sur la grande tribu du nord. A partir de ce postulat, les deux tricotent l’histoire et finissent par donner naissance à BarterTown, ville et point de départ de ce troisième opus.

Le tournage se déroule à Coober Pedy en Australie, en plein désert sous un soleil de plomb. La réalisation du film se passe sans encombre, même si Gibson et ses problèmes d’alcool rendent Tina Turner furieuse, celle-ci menaçant même de quitter le plateau. Kennedy mort (il est décédé dans un accident en 1983), Hayes devient producteur, et George Miller délègue la réalisation de la plupart des scènes de dialogues à George Ogilvie (un très bon ami à lui et réalisateur jusque-là de téléfilms). Ces changements importants au sein de la production ont un impact énorme sur le film. La suite, quasi tout le monde l’a connaît. Ce troisième opus sortira et deviendra le vilain petit canard de la saga.

En effet le film se démarque grandement des deux premiers opus, même s'il récupère des idées du 2, jusqu’à finir par ramener un personnage célèbre (qui n’a aucun impact sur l’intrigue et s’apparente au final plus à un clin d’œil aux fans qu’autre chose). Finis les poursuites motorisées sur la route, car dans ce troisième volet, toute l’intrigue s’articule autour de la ville de BarterTown, ville dans laquelle Mel Gibson vient récupérer son bolide volé au début du film.

Les personnages, comme dans Mad max 2 : le Défi, semblent constamment être dans la négociation, et chaque enjeu est mené par un deal conclu entre deux personnages. L’autre différence avec les deux premiers volets est l’apparition de l’humour jusque-là inexistant et qui, sans être omniprésent, tranche radicalement avec l’approche nihiliste des films précédents. Mad Max 3 se veut ainsi beaucoup plus axé « familial » dans son traitement, et son propos sur la violence semble quant à lui, dilué sur l’autel du divertissement.

MAD MAX 2 : Le Défi

MAD MAX 3 : LE DOME DU TONNERRE 

MAD MAX

 de Bruit et de Fureur 

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