MAD MAX

 de Bruit et de Fureur 

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Le problème, c’est que la partie divertissement du film est clairement en deçà des deux premiers volets. Miller (en charge des rares scènes d’action du film), emballe le tout sans grande énergie, et même la poursuite de fin qui voudrait marcher sur les plates-bandes du deuxième volet, se révèle anodine. Sans véritable sens du rythme, moins longue que celle du deux, avec beaucoup moins de cascades, elle est gâchée par des gags qui n’ont pas leur place ici comme par exemple ce grand méchant qui en prend pour son grade alors que le final du 2 mettait un point d’honneur à rendre cet antagoniste effrayant. A l’arrivée cela symbolise le point de vue schizophrène qui parsème le film ; d’un côté on garde plusieurs éléments qui ont fait le succès de Mad Max (la direction artistique au niveau des décors et des costumes en cuir, la poursuite à la fin, les personnages qui font des affaires pour tout et rien….) et de l’autre on y apporte de nouveaux éléments (la tribu des enfants). Le problème c’est que le film semble toutefois être une véritable redite du deux à commencer par son

scénario (Max qui doit aider un groupe d’individus, et qui, à la fin, finit une fois de plus par ne pas les rejoindre). A l’arrivée l’ensemble ne marche pas, faute d’une véritable cohérence ! On oublie ainsi BarterTown pendant plus de 30mn de film, avant d’y retourner à la fin pour délivrer le quota d’action, le tout sans liant véritablement convaincant.

 

C’est un peu comme si Miller et Hayes avaient vraiment tricoté le tout sans vraiment chercher à lier ces différents éléments. Ainsi c’est presque la partie avec les enfants qui marche le mieux, celle avec Tina Turner en ville apparaissant au final plus comme un moyen de se rattacher aux fans, cette-fois sans avoir énormément de choses à dire. La richesse thématique qui habitait le 1 (surtout) et le 2 s’est tout simplement « envolée ». Et le tout s’avère à la fois plus bavard mais pas forcément plus intéressant la plupart du temps.

 

Pourtant il y a de bonnes choses dans Mad Max : le dôme du tonnerre. L’idée de faire retourner le personnage de Max dans la civilisation (comprendre : une vraie ville, avec un vrai modèle économique) et de contrebalancer cela avec la gestion de la « loi » (qui fait son grand retour), réduite à un simple jeu de roue, est intéressante. Tout comme le fait d’intégrer le personnage de Max dans la légende du film, et de mettre en avant le thème du mythe et de l’héritage. On apprécie également la musique de Maurice Jarre (Brian May ayant demandé une enveloppe bien trop grande), qui sans égaler celle de May, se révèle efficace, accompagnant des images pour certaines très belles (l’orientation très « Lawrence d’Arabie » n’en devient que plus évidente sur certains passages).

En revanche, il est juste dommage qu’on ait à supporter les chansons de Turner sur l’introduction et la conclusion du film. Une énorme faute de goût incompréhensible d’autant plus que Jarre avait composé un sublime thème pour l’ouverture du film :

A la fin, Max finit par sauver les enfants et ceux-ci vivent désormais dans les ruines de Sydney. La légende de Max est racontée par le chef de la tribu Savannah, alors que celui-ci part vers le soleil couchant. Une image là encore très belle, mais très différente dans son approche quand on la compare aux deux volets précédant.

Il y a comme une stagnation dans l’évolution du personnage qui semble revivre les mêmes évènements que par le passé mais sans grands changements. L’homme est entré dans la légende (encore une fois), et Max est devenu le Captain Walker. Un homme qui pourrait être n’importe qui, quelque part. Et si Max pouvait être un autre acteur ?

 

Ça tombe bien, le prochain Mad Max a pour acteur principal Tom Hardy et non plus Mel Gibson. Celui-ci semble mettre en avant un autre personnage (féminin cette fois-ci), en la personne de Furiosa incarné par Charlize Theron.

Miller va-t-il apporter quelque chose à la saga, ou cette sensation de surplace prédominera-t-elle ?

Une chose est sûre : les premières images évoquent clairement Mad Max 2, et la promesse de Miller (à savoir une longue course poursuite de presque deux heures) met la barre très haute. 

 

Réponse le 14 Mai en salle et peu de temps après dans nos colonnes.

Par A.Portier

 

rappel : afin de prolonger l'expérience, nous vous conseillons ces deux émissions traitant des trois premiers films qui recèlent d’informations ainsi que d'autres anecdotes passionnantes, et qui ont été une des sources d’infos et d'inspiration pour ce dossier.