LES SEPT MERCENAIRES

Par James Horner & Simon Franglen

 

Difficile d’écouter la musique des SEPT MERCENAIRES sans éprouver une profonde mélancolie. James Horner, le compositeur de TITANIC, BRAVEHEART ou AVATAR, avait en effet écrit les thèmes du film d’Antoine Fuqua avant de mourir dans le crash de son avion l’été dernier. Vu les circonstances c’est son ami et assistant Simon Franglen (qui ne le quittait plus depuis AVATAR) qui se charge de terminer le score en utilisant les travaux du défunt. Le résultat ? Un album qui sonne définitivement comme du Horner, avec des envolées héroïques qui rappellent entre autres LE MASQUE DE ZORRO ou BRAVEHEART. Franglen a gardé les sept thèmes écrits par le regretté compositeur et a tissé un ensemble très respectueux du travail de Horner. « Light the Fuse » (qui contient le fameux motif musical à quatre notes si cher à Horner) est ainsi presque un décalque de son splendide LE DERNIER LOUP, et « street slaughter » ramène incontestablement à son travail sur AVATAR. Les instruments à cordes se mêlent à la guitare avec harmonie, et sont parfois accompagnés par de discrets synthétiseurs lors de moments plus agressifs qui annoncent l’action. Le travail de Bernstein se fait entendre lors de « Volcano Springs », dont la rythmique et l’envolée rappelle le meilleur du western.

 

Malgré une conception difficile, il en résulte donc un score très dynamique (à défaut d’être incroyable), surtout que les passages d’action (« Army Invades Town ») sont très efficaces et contiennent ce qu’il faut d’émotion pour maintenir l’intérêt tout du long. D’où un bel équilibre entre un rendu parfois sombre (les chœurs et les percussions lors de la mort d’un personnage important) et l’ensemble qui a du cœur. C’était une des grandes qualités de Horner, et Simon Franglen a pu restituer avec succès le style du compositeur. On est évidemment curieux de savoir ce qu’aurait été le score sous la houlette de Horner du début à la fin, mais ce dernier album très respectueux rend hommage à un grand compositeur qui nous a quitté trop tôt.

 

Par A.Portier

 

Album disponible chez Sony Masterwork