steve jobs

Par Daniel Pemberton

 

Il y a quelques mois, Daniel Pemberton frappait très fort avec son score pour CODE UNCLE de Guy Ritchie. Compositeur jusque-là discret, le bonhomme avait fait preuve d’originalité et amené une véritable bouffée d’air frais dans la musique de film (toute la rédaction s’est d’ailleurs mise à la flûte depuis). Il récidive avec ce STEVE JOBS, nouvelle pièce maîtresse d’un compositeur décidément très talentueux. Nouveau film, nouvelles sonorités, avec un album moitié électronique moitié symphonique. Le film de Danny Boyle étant scindé en trois actes, c’est également le cas du score de Pemberton. La première partie de STEVE JOBS est ainsi majoritairement constituée de musique composée à l’aide de synthétiseurs de l’époque (1984 donc) tels que le Roland SH-1000. Les pistes contiennent parfois peu de notes, les compositions sont minimalistes, mais elles parviennent à être entêtantes (excellent Jack it Up) et surtout montent graduellement en intensité (Change the World & Russiand Roulette), ce qui leur confère une efficacité certaine. La deuxième partie fait dans la rupture de ton en faisant place à l’opéra italien, avec un orchestre qui donne un véritable relief dramatique au film. Le climax de ce segment est incontestablement Revenge, un des nombreux bijoux de l’album. Piste de dix minutes, ce crescendo de tension dramatique est probablement ce que Pemberton a fait de mieux jusqu’à aujourd’hui (et vu son niveau ce n’est pas peu dire). Le piano se mêle aux violons dans un grand huit émotionnel rempli de moments calmes d’une beauté confondante et de passages à la limite de la musique guerrière. Un morceau incroyable qui ouvre sur le dernier tiers de l’album, entièrement composé sur un logiciel Mac. Une piste comme Remember (qui clôt le film) illustre bien la différence entre le début de l’album et la fin en termes d’utilisation de la technologie. Là où it’s not working est très épuré, Remember fait appel à tout un ensemble d’instruments acoustiques (comme la batterie) remaniés à l’aide du numérique. Le résultat est un score complexe et original qui ne sonne comme aucun autre. À la fois très riche thématiquement et musicalement parlant, STEVE JOBS renvoie tout autant à des artistes comme Rossini et Verdi (pour ses magnifiques ouvertures) qu’à tout un pan de la musique électronique. Surprenant de la part d’un jeune compositeur dont il nous tarde d’écouter le prochain travail. Une chose est sûre : Daniel Pemberton frappe encore une fois très fort.

 

Pour les anglophones la rédaction vous recommande ces pages dans lesquelles le compositeur revient sur son travail sur STEVE JOBS : popmatters.com  / huffingtonpost.com

 

Par A.Portier

 

Album disponible chez Backlot MUSIC