C'est un hommage sincère aux métiers de cascadeurs :

 

La note d'intention du film est claire : "ici, tout sera à l'ancienne". Pas de voitures tunées, pas de course ultra-spectaculaire tenant du divertissement contemporain post-moderne. Il ne faut pas s'attendre à de la nouveauté avec ce cinéma. Un peu comme pour Real Steel, le film rappelle les tentatives des 80's un peu candides de ressusciter la série B  des années 60. Le choix de mettre aux commandes Scott Waugh, directeur de cascades reconverti dans la réalisation, tient aussi à cette volonté de déployer une note d'intention basée non seulement sur une sensation de réalisme des courses, mais aussi  dans cette volonté de rendre un hommage sincère aux différents métiers de cascadeurs :

Si le film contient lui aussi des moments de bravoure, comme le remplissage d'un réservoir d'un véhicule en marche, ou encore d'un sauvetage in extremis par un hélicoptère en plein vol au-dessus des canyons, chacun semble une captation de cascade en temps réel auquel on accorde du temps et de l'intensité, loin de jouer la carte du « bigger and louder ». Certaines scènes d’action regorgent de petites astuces bien venues comme l’ajout de go-pro pour un shoot a priori impossible pour une caméra de plus grande taille :

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Jusqu'au mixage sonore et aux choix des modèles, tout est fait pour respecter le fan de films du genre et l'utilisateur du jeu, jusqu'au réalisme du son sortant de chaque bolide. Les ingénieurs de chez MagnaFlow ont fait leurs maximums pour que le son des moteurs puisse être récupérés directement à la prise, nécessitant le moins d’ajouts et de modifications possibles en post-prod, afin de répondre aux ambitions du "tout cascade". Les acteurs ont dû eux aussi passer par une école de pilotage afin de réaliser le maximum de scènes possible. Et, il faut le dire, en terme de scènes de courses, Scott Waugh et son équipe propose quelque chose de certes, classique, mais de bien orchestré et impressionnant de réalisme. Waugh tenait absolument à réaliser toutes les cascades en live, à l’ancienne sans SFX et ça se voit. Le film se construit ainsi entre le réalisme des cascades et le fantasme de film « old school », comme un rappel des notes d'intentions du jeu qui ne peut compter que sur cela pour exister dans le projet final. Il y aura bien sûr quelques gimmicks du genre dans le film : l'introduction nous présentant un décor inhabité à investir, figure habituelle du lieu où l'on doit prendre place, où la voix off dirigeante (incarné par un Mickael Keaton en surrégime) sont les maigres rappels que l'on est bien dans un univers de jeux vidéos. La fameuse « vue pilote » inaugurée par les développeurs de Slightly Studios en 2009 sur NFS Shift, est elle aussi, reprise ici par le réalisateur. Elle se présente sous la forme d'un grand-angle, renforçant l'immersion du spectateur comme s'il se retrouvait derrière les yeux du pilote.

Il est d’ailleurs étrange qu’aucun film du genre ne s’en soit inspiré plus tôt tant l'effet est saisissant. Certaines séquences n’oublient jamais elles aussi de nous rappeler les mécaniques de gameplay avec lesquels nous sommes habitués à composer en tant que joueurs. À l'image de cette scène avec « Benny », incarné par Kid Cudi servant d’ange gardien à Tobey & Julia durant leurs Run. Le pilote pour qui changer d’hélicoptère comme de pompes (le tout en quelques minutes) ne présente visiblement pas un souci !

"(...)un peu comme pour Real Steel, le film rappelle les tentatives des 80's un peu candides de ressuciter la série B  des années 60."