Petite série, grosses qualités

BANSHEE

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Si la partie action est quelque chose de non négligeable à la série de part son importance, elle se doit d’être entourée d’une bonne histoire et de personnages auxquels le spectateur s’attache. La bonne nouvelle c’est que Banshee recèle d’antagonistes forts et charismatiques parfois tout droit sortis d’une planche de comic book. Néanmoins elle n’hésite pas à se  débarrasser de certains au bout d’un épisode parfois. Mais si elle le fait ça sera toujours pour des personnages secondaires qui en quelques minutes auront imposé un style et une fonction bien précise. Des personnages comme Quentin (le tueur anglais de la saison 2) ou Monsieur Brantley (l’homme d’affaire obèse de la saison 3) sont réduits à leurs pures fonctions d’archétypes qui seront toujours amenées de manière subtile, par le biais d’inserts ou d’indices dans les dialogues qui en disent long sur eux. Même si ils ne font qu’apparaître le temps d’un seul épisode, ces personnages arrivent néanmoins à marquer les esprits de par leur comportement et leur mise en image. D’autres jusque-là secondaires arrivent à prendre en un épisode une vraie profondeur. Olek, traité en début de saison 1 comme un sous fifre tout ce qu’il y a de plus banal, devient en fin de saison 1 un personnage tragique, blessé par l’amour mais toujours capable

du pire. Emmet lui, fait plonger l’ambiance général dans un nihilisme qui fait froid dans le dos en empruntant une trajectoire d’une violence inattendue, sans rédemption à l’appuie. Quand il se met à chercher les armes qu’il va utiliser pour casser du néo-nazi en leur récitant l’histoire de son père dans un silence de mort, après qu’un acte inexcusable ai été fait à sa famille, on reste sans voix tellement le malaise qui hante la scène met le spectateur dans une position inconfortable. 

 

 

Si Banshee met un point d’honneur à être une série d’action qui en donne pour son argent, elle reste donc centrée sur ses personnages et ses scénaristes finissent toujours par faire preuve d’un véritable amour pour eux. Les protagonistes féminins sont par ailleurs très solides. Montrées comme des femmes fortes (Nola) qui s’émancipent (Rebecca) mais qui ont aussi leurs faiblesses (Carrie), elles ont tout autant d’importance que le cast masculin et s’octroient parfois des scènes d’action impressionnantes. Un personnage comme Job a bien évidemment un côté féminin et extravagant (il est l’élément comique du show notamment grâce à sa répartie) mais cela n’est jamais traité de manière trop superficiel car celui-ci ne se résume pas qu’à son travestissement. Il reste quelqu’un de très intelligent qui a des capacités martiales non négligeables, et même si son comportement reste efféminé sa part d’homme apporte un contrepoids bienvenu dans sa caractérisation. Très vite un archétype de grand méchant comme Kai Proctor se révèle être plus ambigüe qu’il n’y paraît. Plutôt que d’en faire un grand méchant dès le début, les scénaristes, plutôt malins, brouillent les pistes, et après quelques épisodes en font un mal nécessaire auquel Hood doit se rattacher pour avoir vengeance. La relation entre ces deux électrons libres est ainsi bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord, et si Hood en vient à tenter de tuer Proctor à de multiples reprises il a besoin de lui pour diverses raisons. La fin de la saison 3 promet d’ailleurs énormément sur ce sujet. Il y aura toujours une idée scénique (le camion QD pour Brantley), un détail (Burton et ses lunettes) qui finira par rendre les personnages mémorables. Et même si certains n’ont pas eu le développement qu’ils auraient mérité, ils auront suffisamment eu de scènes pour les mettre en avant. On pense à Nola, dont l’actrice Odette Annable ne pouvait être assez présente pour le tournage et qui n’apparaissait que sporadiquement sans véritable parcours psychologique.