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Petite série, grosses qualités

BANSHEE

Ces êtres évoluent dans une trame qui au fil des saisons a su s’améliorer. La première saison a réussi à poser les bases de façon très carrée. Banshee est comme bon nombre de séries un univers dans lequel énormément de personnages évoluent et sont reliés. En ce sens la première saison est exemplaire, et ne s’égare que rarement. L’attention est bien évidemment portée sur Hood et son histoire avec Carrie, mais il y a nombres de sous intrigues et de bad guys qui sont amorcés. Tout en mettant en place un univers fort, Banshee fait évoluer tout le monde en les confrontant aux codes inhérents du genre. Par exemple, en première saison Hood dit à Carrie après son retour et la déception qui s’ensuit « je ne gagne pas la fille, je ne gagne pas l’argent ». Dans Banshee le « happy ending » cache constamment un retour de bâton sur les personnages. Chaque acte amène quelque chose d’encore pire. Il semble peu probable que cette histoire finisse bien au final tant les personnages semblent prisonniers de leurs destins qui ne font qu’empirer. Ils sont tous constamment attachés à leur passé. C’est le leitmotiv même de la série : « le passé finit toujours par nous rattraper ». La liste des intrigues qui apparaissaient à cause d’évènements antérieurs est longue et ancre définitivement Banshee dans une proximité avec le passé. Les personnages de ce monde cherchent constamment à s’en débarrasser. Alors qu’une serveuse demande à Olek d’où il vient, sa réponse sera sans précédent : « je préfère parler de qui je suis ». Et ce n’est pas un hasard si Hood résout une enquête grâce à une ancienne blessure mal soignée.

 

La série à su se renouveler au fur et à mesure qu’elle progressait mais la saison 3 marque une vraie rupture avec ce qui a précédé. Alors que la deuxième saison s’éparpillait un peu plus et ne mettait en place sa menace qu’à partir du cinquième épisode, la troisième démarre quand à elle sous des chapeaux de roues avec une poursuite et une exécution. Cette saison sera plus dramatique, les enjeux et menaces seront vite mis en place dès le premier épisode. Le fil rouge est plus clair et transparait tout du long des dix épisodes sans qu’il soit trop parasité par les sous intrigues qui l’habitent. C’est la saison du renouvellement. Un épisode entier est un siège, alors qu’un autre voit ses vingt dernières minutes transformées en found footage, tandis que la mise en scène s’améliore sensiblement. Les flahsbacks et autres effets de style les illustrant se font moins grossiers et s’intègrent donc mieux dans la narration. La réalisation des scènes de combat a également subit un léger lifting. Les manos à manos sont désormais filmés en grand angle, le montage laisse d’avantage respirer les chorégraphies et l’utilisation du jump cut dans sa mise en pratique finit par donner d’excellents résultats. La préparation du casse lié au deuxième méchant est montrée cette fois-ci et apporte un côté évidemment ludique, là ou dans les premières saisons cela restait juste évoqué au détour de quelques lignes de dialogues. Enfin, de nouveaux personnages là encore très charismatiques et prometteurs font leur apparition, tel Kurt Bunker, ex néo-nazi tatoué de partout qui a rejoint les rangs de la police (oui vous avez bien entendu) et dont le calme apparent cache une violence prête à exploser à tout moment. 

 

Même le générique change le temps d’un épisode pour lorgner du côté de Breaking Bad/Lord of War.

Evidemment la formule a ses limites à certains moments (le final de la saison 3, tout comme celui de la saison 2, fait un peu redite tout en étant moins impressionnant que ce qui a précédé). Mais malgré le fait que comme bien des séries l’écriture subit des hauts et des bas, elle arrive à faire retrouver l’amour qu’on éprouvait pour un cinéma qu’on croyait perdu. Un cinéma de divertissement qui n’a pas peur d’en faire parfois des tonnes au détriment du réalisme, et qui base son énergie sur des personnages et une trame résolument pulp. Et par les temps qui court c’est une aubaine d’avoir une série comme Banshee

 

Une chose est sûr : janvier 2016, pour la quatrième et dernière saison, c’est loin.

 

Par A.Portier.

EN BONUS

La série a fait l’objet de mini épisodes relatant le passé de certains persos. Ces épisodes « origins » peuvent être visionnés ici, en VO seulement. Ceci dit leur intérêt est plus que relatif et il n’est pas du tout indispensable de les avoir vu pour comprendre l’histoire de Banshee. Il existe également une version comic book téléchargeable gratuitement sur internet.

Making of VO de l’intro de la saison 1

Making of VO de l’intro de la saison 2

Making of VO combat (E3 - S3)

Making of du fight épisode 3 saison 3 (cette video contenant un gros SPOILER on vous déconseille de la regarder si vous n’avez pas déjà visionné la série).

On apprend nottament que le combat a été tourné en 1 jour au lieu de 3/4, et que 20 coupures ont étés nécessaires pour créer le faux plan séquence.