Vincent N.Van
Rédacteur en chef / Web designer

LA RAGE

AU VENTRE

UN FILM DE ANTOINE FUQUA
Avec : Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams, Forest Whitaker...
Durée : 2h04
Nationalité : Américaine

DÉCEPTIONS 2015

5 - La Rage au ventre de Antoine Fuqua

Le genre de film où votre serviteur part déjà conquis d'avance d'autant plus que la dernière œuvre d'Antoine Fuqua jouissait d'une excellent réputation outre-Atlantique. Sauf que, arrivant après Warrior et Rush qui sont pour ainsi dire les deux derniers modèles du genre (film de sports), La Rage au ventre fait vraiment pâle figure, à l'image de son protagoniste principal. En effet, il est particulièrement difficile d'éprouver la moindre empathie pour ce Billy Hope interprété pourtant avec conviction par Jake Gyllenhaal. Et dans un film du genre, le fait que le spectateur ne puisse pas avoir une once d'empathie pour le personnage principal peut s'avérer être un sacré souci ! Autre problème de poids pour le dernier film d'Antoine Fuqua, la mise en scène très « flemmarde » des combats de boxe, La Rage au ventre souffrant là de la comparaison avec ses aïeux (Rocky, De l'Ombre à la lumière, Million Dollars Baby en tête). Seul surnagent l'investissement physique de Gyllenhaal, certaines scènes touchantes de la petite Oona Laurence et, bien évidemment, la magnifique bande originale de James Horner dont la brève analyse est toujours disponible ici.

 

Cruelle déception.

CRIMSON PEAK

UN FILM DE GUILLERMO DEL TORO
Avec : Tom Hiddleston, Jessica Chastain, Mia Wasilkowska...
Durée : 1h59
Nationalité : Américaine

DÉCEPTIONS 2015

6 - Crimson Peak de Guillermo Del Toro

« Quel dommage ! ». C'est bien là la première chose qui nous vient à l'esprit lorsque l'on pense à Crimson Peak. Mais, contrairement aux autres œuvres citées plus haut (dont leurs défauts majeurs ont fini par sérieusement les handicaper), Crimson Peak s'appuie sur une première partie vraiment très réussie et audacieuse (voire culottée) durant laquelle Guillermo Del Toro prend le pari d'immerger d'emblée son spectateur notamment en venant « casser » certaines conventions propres au genre. Le spectateur se retrouve ainsi plongé au cœur de ce nouveau conte horrifique, à la technique absolument monstrueuse, avec lequel Guilllermo Del Toro semble condenser tout son cinéma sur 2h. Malheureusement, Crimson Peak en vient étrangement à manquer de cœur même si, paradoxalement, on sent ici tout l'amour de Del Toro pour son œuvre. Cette dernière proposition du metteur en scène mexicain est d'ailleurs très similaire au Silent Hill de Christophe Gans tant celui-ci, malgré la sincérité de son auteur sur tous les plans, partage exactement les mêmes problématiques auxquelles le réalisateur de Crying Freeman s'était déjà retrouvé confronté à l'époque.

 

Si Crimson Peak n'est clairement pas un mauvais Del Toro (et encore moins un mauvais film), celui-ci reste malgré tout l’œuvre la plus désincarnée de son auteur, malgré toute sa sincérité et sa beauté visuelle qui en découle.

TERMINATOR GENISYS

UN FILM DE ALAN TAYLOR
Avec : Arnold Schwarzenegger, Jay Courtney, Jason Clarke...
Durée : 2h07
Nationalité : Américaine

DÉCEPTIONS 2015

7 - Terminator Genisys de Alan Taylor

Taper sur Terminator Genisys c'est un peu comme se retrouver en face des cages en ayant plus qu'à pousser le ballon au fond des filets alors que le gardien est aux fraises quelques mètres derrière. C'est trop facile ! Nous allons donc nous en abstenir ici (puis A.Portier a déjà vidé ses cartouches avec son papier encore fumant). Cependant, peut-être qu'il serait vraiment temps de tenter de réhabiliter le Terminator Renaissance de McG.

 

Juste un peu !

VICE VERSA

UN FILM DE PETE DOCTER & RONNIE DEL CARMEN
Avec : Charlotte Le Bon, Pierre Niney, Mélanie Laurent...
Durée : 1h35
Nationalité : Américaine

DÉCEPTIONS 2015

8 – Vice Versa de Pete Docter & Ronnie del Carmen

Et pourtant, ça n'est pas les idées qui manquent dans Vice Versa ! À commencer par cette cartographie mentale très ludique (ces différents îlots qui représentent les mécaniques de la mémoire, les émotions représentées par des couleurs...), mais après un premier acte qui trouve pourtant un équilibre vraiment parfait entre mondes « extérieur/intérieur », le film se retrouve très vite plombé par un deuxième acte beaucoup trop conventionnel (et vraiment long). Lorsque Joie et Tristesse se retrouvent égarées, ce dernier Pixar tend même vers le film d'animation on ne peut plus banal et avec tout ce qui est malheureusement inhérent au genre (pourquoi devoir se retrouver face à des personnages qui se gueulent constamment dessus ?).

Il y a bien quelques moments qui fonctionnent dans Vice Versa mais franchement, qu'il est bien loin des autres grands Pixar ! On ne peut s'empêcher de penser que l’œuvre est surestimée tant elle s'avère bien loin de ses aïeux, que ce soit sur le plan narratif ou artistique (c'est quand même d'une laideur sans nom !).

 

L'usurpateur d'émotions de l'année 2015.